Dans un documentaire qui sera diffusé dimanche soir à 23 heures, Arte se questionne sur l'impact qu'a eu le cinéma dans la construction de la virilité...

Des hommes, des vrais, c'est le titre du documentaire et je peux vous dire que ça a tout de suite attisé ma curiosité. 

Parce que j'ai toujours eu une obsession pour la virilité excessive. Ça remonte à mon enfance. Je voyais mon père, autrefois boucher, qui portait plusieurs agneaux sur les épaules et je me souviens que je me disais "Ouaouh, ça c'est un vrai bonhomme".

Mais dans le fond, c'est quoi un homme, un vrai ? 

J'ai tendance à penser qu'il doit être puissant et qu'il ne doit jamais douter. Certes, mais qui m'a mis cette idée en tête ?

Le documentaire d'Arte offre une réponse assez intéressante à cette question. Il dit que c'est le cinéma, et tout particulièrement le cinéma d'Hollywood, qui entretient depuis toujours cette idée de la masculinité.

Et là, tout s'éclaire. Faut que vous sachiez que j'ai grandi devant la télé. Et dans les années 90, quand j'étais tout petit, on multi-rediffusait de grands films américains des années 80.  

Gamin, j'ai vu Rocky des dizaines de fois. Et je crois qu'inconsciemment, Stallone et son double de fiction étaient des modèles. Rocky et sa rage de vaincre, Rocky et son corps surhumain, Rocky et ses yeux cocardés... Ça c'était un mec ! Et sans me rendre compte, j'ai adopté tous les codes de la virilité dictés par le Hollywood de cette époque.

Des codes qui ont aussi changé au fil des années...

Et le doc le raconte bien. Selon les générations, les modèles de fiction seront différents. À chaque génération sa vision de la masculinité. Il y a un monde entre un Humphrey Bogart, un Clint Eastwood ou un Bruce Willis. Le point commun entre tous ces mecs étant tout de même leur côté "tough guy", des mecs durs, qui ne montrent pas leur sentiment.

Un homme, un vrai : ça ne pleure pas. Auparavant, ça ne riait même pas mais on a pas mal évolué sur ce point ces dernières années. Même Dwayne Johnson alias The Rock, montagne de muscles et chouchou d'Hollywood, manie désormais l'humour. Un homme des années 2010, un vrai, ça fait peur et ça fait rire à la fois.

Ce documentaire nous fait comprendre qu'Hollywood va petit à petit vers une vision plus diverse, moins étriquée de ce que doit être un mâle. Mais on est encore loin du compte. Il suffit de voir les grands blockbusters de l'année pour se rendre compte que sur la masculinité, le cinéma américain reproduit sans cesse certains clichés du passé. La force, par exemple, est toujours une caractéristique centrale des héros masculins. 

Je vous invite à regarder le documentaire jusqu'au bout puisque la dernière demi-heure se concentre réellement sur les impacts sociétaux. Et s'intéresse notamment à la virilité en politique. On se souvient tous, bien évidemment de cette séquence d'Obama écrasant une mouche. On se souvient aussi des poignées de main viriles entre Donald Trump et Emmanuel Macron, qu'on a surmédiatisé au début de son mandat. 

Un homme, un vrai, c'est censé tuer des mouches et briser des phalanges ? Ou c'est plutôt censé s'affranchir de ces codes stupides ? 

Dans le fond, je crois connaître la réponse. Toujours est-il que moi, j'aimerais quand même bien être Rocky Balboa...

  • Légende du visuel principal: Sylvester Stallone en 1979 © Getty / Francis Apesteguy
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