N'allez surtout pas croire que c'est juste un loisir réservé aux soirées dans les bars. Les fléchettes sont un sport très exigeant, qui exige de la dextérité et une grande capacité de calcul mental. Les championnats du monde sont diffusés sur la chaîne l’Équipe. Spectacle garanti.

Vous connaissez mon goût pour les sports un peu moins médiatisés que le foot et le rugby. Je ne doute pas que ma passion pour le bucheronnage sportif a fait des émules et que vous passez désormais vos soirées devant des vidéos de découpe à la hache. Eh bien, je voudrais cette fois vous parler d’un sport un peu plus minimaliste, mais tout aussi captivant. Les championnats du monde de fléchettes sont diffusés sur la chaîne l’Équipe. Ce dimanche 1er mars, c'est la grande finale. La compétition est commentée par Swann Borsellino et Grégory Ascher.

Des points qui se comptent à l'envers

Je vous en parle en avance, mais c’est bien le minimum pour que les gens aient le temps de comprendre. Car c’est un sport compliqué. Vous pensiez qu’il suffisait de lancer sa fléchette et viser dans le mille ? Grossière erreur. Le principe, c'est que chaque joueur démarre avec 501 points et doit en perdre pour arriver à zéro pile. Mais attention, il est obligatoire de terminer par un double. Un double 20, par exemple, s'il reste 40 points. Limpide, non ? Bref, pour gagner, il faut presque être agrégé de mathématiques : c'est le premier charme des fléchettes ! Le geste est très technique évidemment, mais il faut aussi calculer en permanence. La tête et les jambes, en somme. Non, pardon : la tête et la main, l'avant-bras, le coude. 

Une ambiance survoltée dans le public

Autre argument pour ne pas louper une miette de cette finale : l'ambiance. La compétition se déroule à Londres et le public est survolté. Ce qui est très amusant, c'est que chaque joueur a construit un personnage. La personnalité de chacun est exagérée volontairement (un peu comme au catch) : il y a les discrets, les enragés, les gentils, les méchants... On les voit craquer sous la pression, s’énerver, se féliciter. Certains sont imperturbables, malgré les hurlements de la foule. Et chacun a droit à sa chanson, toujours la même, au moment de monter sur scène.

Mikuru Suzuki, par exemple, fait son entrée sur un air de "Baby Shark" et sous les vivats. Malheureusement, la Japonaise a été éliminée assez vite. Elle faisait partie des deux femmes en lice. Deux sur quatre-vingt-douze : ce n'est pas beaucoup mais c'est déjà ça. Les fléchettes sont l'un des rares sports où les hommes et les femmes s'affrontent dans la même compétition, même catégorie. L'Anglaise Fallon Sherrock a marqué l'histoire, au premier tour de la compétition : elle fut la première femme à battre un homme dans un championnat du monde. Elle a été éliminée au tour suivant, mais le symbole était beau. 

Van Gerwen, le Roger Federer des fléchettes

La finale opposera l'écossais Peter Wright, qui porte une magnifique crête bariolée sur la tête (quand je vous dis qu'on se croirait au catch) et le Néerlandais Michael Van Gerwen, qui lui est chauve. Van Gerwen est un peu le Roger Federer des fléchettes : il gagne partout, tout le temps, c'en est presque lassant. 

Juste un détail : comme ce n'est pas un sport qui déchaine des passions en France (pas encore !), la chaîne L'Équipe n'a pas acheté les droits de diffusion en direct. C'est du différé : la finale a eu lieu début janvier. Alors attention, n'allez pas regarder le résultat sur Internet, ça limite un peu le suspens ! Gageons que ce sport prendra de l'ampleur quand des Français y brilleront : il n'y en avait aucun au premier tour. Aucun Français parmi 60 nationalités différentes. Françaises, Français, il est temps de nous ressaisir et de devenir des flèches.  

  • Légende du visuel principal: le Néerlandais Michael Van Gerwen, qualifié pour la finale du championnat du monde à Londres. © EXPA/ Eibner/ Kohring
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