Quelles sont les conséquences de l’omniprésence du numérique dans nos vies ? Quelles sont les dérives des objets connectés ? Le Canadien, Bret Gaylor, répond à ces interrogations dans une série documentaire passionnante, disponible sur le site d'Arte : "Internet de tout et n'importe quoi". Il a tout testé pour nous !

"Internet de tout et n'importe quoi" : une série à découvrir sur Arte
"Internet de tout et n'importe quoi" : une série à découvrir sur Arte © ARTE France, Upian, Eyesteelfilm

Les objets connectés sont partout et le mouvement n’est pas prêt de s’arrêter. Internet de tout et n’importe quoi est une série documentaire passionnante, à voir sur le site d’Arte. En cinq épisodes de moins de dix minutes, Bret Gaylor propose une enquête à la fois fouillée et accessible. Le ton et le rythme de chaque épisode sont très efficaces, sur un sujet qui mérite vraiment qu’on y prête attention. Le journaliste canadien a donné de sa personne : lui qui vivait déjà, avec ses deux enfants, dans une maison riche en écrans et en gadgets, a décidé de monter encore d’un cran : il a testé les toilettes connectées reliées à Alexa, la voiture autonome, la bouteille d’eau connectée, le traqueur de sommeil, le détecteur de mouvement, la sonnette vidéo connectée, etc. 

Un objet connecté, à quel prix ?

Il filme sa famille et va régulièrement interviewer des spécialistes, des utilisateurs ou des fabricants de toute cette technologie. Ce qui l’intéresse, c’est de comprendre, pour chacun de ces objets, quelle contrepartie il faut consentir en échange d’un service rendu. En d’autres termes : qu’est-ce qu’on gagne, et qu’est-ce qu’on perd ? 

Et ça commence avec Alexa. On découvre le désastre écologique que cet assistant vocal implique. Pour qu’Alexa comprenne ce que vous lui dites, pour qu’elle apprenne à vous répondre, il faut une dépense d’énergie ahurissante, qui est précisément détaillée dans un épisode. 

Autre contrepartie, évidemment : les données personnelles que l’on offre sur un plateau. Un épisode est consacré à Fitbit, une montre connectée qui aide à rester en forme, qui compte vos pas, surveille votre rythme cardiaque et votre sommeil. Fitbit a récemment été avalée par Google. Bret Gaylor a proposé à quatre colocataires français, vivant en banlieue parisienne, de jouer les cobayes. Ils l’ont testée avant le rachat. La moitié d’entre eux vont garder la montre au terme de l'essai, ne voyant pas où est le problème. 

Sans blâmer personne ni faire de leçon de morale, Bret Gaylor montre bien toutes les réactions possibles des utilisateurs face à la collecte de données. Certains sont effrayés mais résignés, d’autres absolument hostiles à l’idée que Google sache tout. En l’occurence, on sait beaucoup de la vie privée de nos cobayes grâce à leur montre, comme le dévoile une séquence d’analyse des données de rythmes cardiaque. Inutile de vous faire un dessin.

Les dérives de la collecte de données 

Tout l’enjeu de ces outils, c’est bien sûr l’usage que peuvent en faire les mutuelles et les assurances. Il existe déjà des programmes d’assurances, (notamment la mutuelle Generali), qui proposent de vous récompenser (avec des bons d’achat) quand vous avez une vie saine et le prouvez grâce à un outil connecté. La suite logique, ce sera de faire payer plus cher les gens malades ou de leur refuser une assurance. 

Un autre épisode se penche sur le possible piratage des voitures connectées. Et si vous n’en regardez qu’un, il faut que ce soit le dernier, consacré aux sonnettes connectées. Bret Gaylor a acheté une sonnette Ring, propriété d’Amazon. Très pratique, la vidéo des gens à votre porte s’affiche sur votre téléphone, même quand vous n’êtes pas chez vous ! Pratique, oui. Sauf qu’Amazon a signé des partenariats avec la police dans de nombreux Etats américains, et que ces sonnettes connectées se transforment en vidéosurveillance sauvage. Un outil qui signale les personnes suspectes. Devinez quoi, les suspects sont souvent noirs. Nos préjugés et nos peurs risquent-ils de créer de nouveaux ghettos ? se demande le Canadien. Poser la question, c’est déjà y répondre. 

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