Alors que le footballeur fait son retour en Premier League après une longue suspension pour dopage, la chaîne l’Équipe lui consacre une enquête. Samir Nasri est un homme sanguin et clivant, mais mérite-t-il pour autant cette réputation de voyou ?

Samir Nasri rechausse les crampons après une longue suspension pour dopage. Ce footballeur passé par l’OM,  Arsenal et Manchester City, qui a très peu joué en équipe de France, a une image sulfureuse, c’est peu de le dire. Cette mauvaise réputation est auscultée dans un documentaire à voir sur la chaîne l’Équipe ce lundi soir. 

Chut !

Diriez-vous que qu'il est insultant ou agressif de mettre son index devant la bouche pour demander à quelqu'un de se taire? Pas franchement, non. Eh bien quand c'est Samir Nasri, apparemment, si ! Il a fait ce geste en 2012, sur un  terrain de foot, en direction de la tribune de presse. Sans doute pour dire aux journalistes : « vous avez vu  ce but? alors arrêtez de dire du mal de moi » Et cela lui a été énormément reproché. 

Sa mauvaise réputation a eu des répercussions sur sa carrière, à n'en pas  douter. Mais est-elle vraiment méritée?  Certes, le joueur a eu quelques coups de sangs et dérapages, il ne sont  pas occultés dans le documentaire. Certes, Nasri est détesté par une  partie du milieu du foot, à commencer par Noël Le Graët, le président de  la fédération qui l'assume d'ailleurs et le dit face à une caméra - c'est assez exceptionnel. Raymond Domenech apparait aussi dans le film et n'est pas tendre non plus. Certes, les résultats de Nasri  sont aussi en cause : il n’a pas marqué assez de buts dans sa carrière, au vu de ses qualités. 

1987, génération bénie

Mais ça n'explique pas tout. Ce joueur a été repéré très jeune comme un  prodige du foot. Il impressionnait  par son contrôle de la balle, on disait qu'il était le futur Zidane. Issu de la génération bénie, ceux nés en 87, comme Benarfa et Benzema, il allait s'installer durablement en équipe de France, c'était une évidence. Et finalement patatra. Ni Domenech ni Deschamps ne veulent de lui parmi les Bleus. Parmi les anciens sélectionneurs, seul Laurent Blanc semble l'apprécier. Et pour lui, les choses sont claires...

Il s'est attaqué à la seule institution à laquelle il ne faut pas s'attaquer : la presse ! Là, si tu es cash, ça va te soulager, mais il va falloir en payer les conséquences...

Les  journalistes, agacés par le comportement de Samir Nasri à leur égard, ont-ils eu tendance à verser dans  la caricature? Son ancien entraineur chez les Bleuets, les moins de 17  ans, Philippe Bergeroo, raconte qu’il a répondu à beaucoup d’interviews sur Nasri. Mais comme en général il disait du bien, on ne le gardait pas au montage! « J’espère que vous allez me garder cette fois ! » lance-t-il, goguenard à la caméra. Oui, ils l'ont gardé. Et sans rien occulter du tempérament sanguin de Nasri, ils montrent aussi que la presse doit s'interroger sur sa responsabilité dans la fabrication d'une image de voyou.

« Samir Nasri, la mauvaise réputation » : documentaire de Sébastien Tarrago et Fabien Touati. Lundi 28/01/19 à 20h50 sur la chaîne l’Équipe. 

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Chut ! En 2012 lors d'un mach des Bleus contre l'Angleterre, Samir Nasri se tourne vers la tribune de presse après un but. © Richard Martin / L'Equipe
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