Disponible gratuitement sur le site France TV Slash, la série documentaire "Survivre" s'intéresse à ces Français qui se préparent à la fin du monde.

Quand on parle de survivalisme, on pense spontanément aux Etats-Unis. Mais celles et ceux dont on fait la connaissance ici vivent bien en France. Ils sont au cœur d'une série documentaire en cinq épisodes, disponible gratuitement sur le site France TV Slash : "Survivre". Yoan a transformé son pavillon de banlieue en « base de survie autonome ». Philippe fait des stocks de nourriture et aspire à l’autosuffisance alimentaire. Bernard a préparé un sac d’évacuation, pour fuir si besoin, et s’est acheté des armes. Chacun a une explication différente à l’effondrement qui s’annonce (crise, émeutes, conflit armé, catastrophe climatique...) mais leur conclusion est la même : il faut s’y préparer. Ils sont prêts pour la fin du monde. 

Le grand mérite de cette série documentaire (en cinq épisodes de 15 minutes), c’est qu’elle ne verse pas dans la caricature. L’idée n’est pas de se moquer de ces gens, ni de les défendre (loin de là). Alexandre Pierrin montre ce phénomène du survivalisme en France dans toute sa diversité et sa complexité. Et son parti pris, très intelligent, est de s’adresser directement à nous. A nous qui regardons : "Tu penses qu’il fait plus de cauchemars que toi ? (...) Et toi, tu ferais quoi ? Tu t’enfuirais ou tu t’enfermerais chez toi ?"

La peur est un marché et la survie un loisir

Oui, il y a lieu de s’adresser à chacun de nous, parce que les survivalistes racontent quelque chose de notre époque. Ils incarnent un besoin de renouer avec la nature. L’envie d’être autonome et de donner un sens à sa vie. Catherine et Pierre, par exemple, ont fait construire un bunker avec trois portes blindées en sous-sol dans leur jardin. Ils ont accepté de témoigner, mais dos à la caméra. Ce qui fait peur à Catherine, notamment, c’est le succès des extrêmes aux élections... et le résultat, c’est un repli sur soi terrifiant. Cette famille sauvera sa peau, et tant pis pour les autres. 

Le survivalisme est aussi un marché en plein essor. La caméra se promène dans les allées du « salon du survivalisme », à Paris. Entre les couteaux de survie en titane, les repas lyophilisés 100% bio et les gilets par balles, se dessine un business de l’effondrement. Sans compter les stages de survie qui ont le vent en poupe. La peur est devenue un loisir, un hobby comme un autre.

Se fabriquer une carapace

Pour certains, le survivalisme est une façon de se fabriquer une carapace. Ainsi, Freddy, 40 ans, qui vit dans une forteresse et cultive ses légumes : on apprend qu’il a changé de vie après un burn-out. Pour lui, le survivalisme est une manière de se reconstruire loin de notre société toxique. 

Un dernier exemple : celui d’Alexis, 19 ans. Il pratique le « bushcraft », qui consiste à dormir dans les bois et survivre avec ce qu’on trouve dans la nature. Comment ne pas s’étonner que ce jeune homme adepte du « vivons heureux vivons caché » tienne par ailleurs une chaine Youtube sur laquelle il teste du matériel de survie que lui envoient généreusement des sponsors ?! 

Le phénomène est compliqué à chiffrer en France. On parle de 100.000 adeptes, bien malin qui pourra les compter. Mais les survivalistes, tout marginaux qu’ils soient, racontent les peurs et les paradoxes de notre société.

  • Survivre, une série documentaire d'Alexandre Pierrin (5 x 15 minutes) disponible sur le site France TV Slash
  • Légende du visuel principal: Bernard dort avec un sac d'évacuation tout près de son lit, au cas où. Et s'est acheté un fusil. © Bridges - France TV Slash
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