Le magazine littéraire de François Busnel est désormais disponible en version sonore, sur les plateformes de podcast, dès le lendemain de sa diffusion en direct. France 5 peut ainsi élargir son public, aller chercher ceux pour qui l'audio est une évidence et la télé beaucoup moins.

Si vous avez raté "La Grande Librairie" de mercredi soir sur France 5, voici une occasion de vous rattraper sans l'image. Le magazine littéraire de France 5 est désormais disponible en podcast audio le lendemain de sa diffusion en direct. Il y a déjà pas mal d'émissions télé qui sont conçues pour être écoutées plus que regardées (à commencer par les matinales d'info), mais là on franchit un cap supplémentaire : on nous propose le son sans l'image. "La Grande Librairie" est la première émission de télé française, à ma connaissance, à plonger ainsi dans la déferlante des podcasts audio. [Mise à jour à 9h30 : Ma connaissance était incomplète, mea culpa ! Comme me le signalent des auditeurs, "C dans l'air", sur France 5, et "Livres et vous", sur Public Sénat, proposent aussi, depuis peu, une version audio.] L'initiative existe déjà depuis un an aux Etats-Unis, où le Daily Show propose une ears edition, une édition pour les oreilles.

Podcast ou replay, au choix

En cliquant sur l'appli "podcast" de votre téléphone, ou sur Deezer, Spotify, Tootak (des plateformes qui proposent du contenu audio), vous trouverez donc (aux côtés de vos podcasts France Inter préférés), "La Grande Librairie" d'hier, avec le philosophe André Comte-Sponville et la rabbin Delphine Horviller parmi les invités. On peut même s’abonner, pour recevoir l’émission en version audio chaque semaine sur son téléphone. Si vous préférez le replay avec l'image, ça existe toujours bien sûr, le podcast est un service en plus. 

Ne plus voir rougir les écrivain(e)s !

Est-ce une bonne idée ? Je dois dire que ma première réaction était plutôt mitigée. Parce que j’aime beaucoup "La Grande Librairie" et que l’un des plaisirs de cette émission, pour moi, est très visuel : c’est de scruter les réactions de l’auteur(e) quand François Busnel dit tout le bien qu’il a pensé de son livre ! Illustration récente :

Il faut le voir, Joseph Ponthus, pendant que François Busnel encense son roman ! Il faut le voir croiser puis décroiser les bras et dodeliner de la tête. On imagine la tempête émotionnelle intérieure, mais il tente de rester stoïque. Ses yeux rougissent un peu, c'est assez émouvant. Rien de tout cela dans la version sonore ! Et puis il y a l'attitude des autres invités. Souvent les écrivains autour de la table ont lu les livres des autres et on voit, dans leur regard, l’admiration, l’enthousiasme et parfois (parfois) l’indifférence : c'est très savoureux. Sans oublier le décor ! Si on écoute "La Grande Librairie" sans la voir, on ne verra pas les gigantesques livres : de faux livres de deux mètres de haut posés derrière les invités. Ils sont magnifiques. 

Élargir le public de l'émission

Sauf que là... je dis n’importe quoi. En vérifiant, j’ai réalisé que le décor avait changé. Il ressemble désormais à un salon. Il y a toujours des livres, mais de taille normale. Renseignement pris, ça fait presque deux ans que les bouquins géants ont foutu le camp dans le décor de "La Grande Librairie" et je n'avais même pas remarqué ! Pourtant, je regarde souvent cette émission. Moralité : j'étais concentrée sur ce qui se disait. Concentrée à écouter des auteur(e)s à qui l'on donne l'occasion de parler de littérature, en longueur. Preuve que l'image n'est pas forcément indispensable dans cette précieuse émission. Le podcast audio ne montre pas les auteurs qui rougissent, mais il permet de rattraper une émission qu'on a ratée... tout en faisant autre chose (en courant, par exemple). Il permet aussi à cette émission d'aller chercher un autre public : ceux pour qui l'audio est une évidence et la télé beaucoup moins. Et d'alourdir leur pile de livres à lire d'urgence. Il va sans dire que celui de Joseph Ponthus, A la ligne, est en haut de ma pile. 

  • Légende du visuel principal: François Busnel, aux commandes d'une émission qui se regarde ou s'écoute : "la grande librairie". © Aucun(e)
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