Tous les soirs, Game One diffuse des épisodes de "South Park", cette série d'animation américaine qui a marqué les années 2000 par son humour loufoque, trash et transgressif.

On ne ne le répétera jamais assez : South Park a beau être un dessin animé, il ne s'adresse pas à un jeune public. Et je suis bien placé pour le savoir. J'ai découvert South Park en étant tout gamin, à son lancement à la fin des années 90. J'avais à l'époque l'âge des personnages principaux et je pensais avoir affaire à un dessin animé comme les autres. 

Erreur : j'ai découvert un autre monde.

Fait de vulgarité, de blasphème, de scatophilie et d'un sérieux rejet de toute forme de politiquement correct.

À travers les récits de vie de Stan, Kyle, Kenny et Cartman, quatre sales gosses de la petite ville de South Park, la série dénonce les absurdités de notre époque.

Les créateurs ne se refusent aucun sujet et s'attaquent même, avec la plume acerbe qui les définit, aux vaches sacrées de l'Amérique : Oprah Winfrey, Steven Spielberg ou encore Steve Jobs.

Saison après saison, South Park a su se saisir des questionnements et des thèmes de ce début de XXIe siècle avec toujours le même constat : le monde des adultes est absurde et ce sont toujours les enfants qui ont raison.

Des enfants qui auront 8 ans tout au long de la série...

Et c'est sans doute ce qui me fascine le plus : quand j'ai vu South Park pour la première fois, j'avais à peu près le même âge que ses personnages principaux. Vingt ans plus tard, Stan, Kyle, Cartman et Kenny n'ont pas vieilli. En cela, ils ne sont pas différents de gamins d'autres dessins animés : des Griffin à American Dad en passant par Bart et Lisa Simpson.

Le temps n'a pas de prise dans ces dessins animés. Chaque épisode s'inscrit dans une boucle temporelle qui fait que les personnages ne vieillissent jamais. Et même si les enfants de South Park ont passé une classe en 22 saisons, du CE2 au CM1, ils sont toujours aussi petit.

Autre chose : dans South Park, la mort a beau être présente, elle n'est pas réelle. À la fin de chaque épisode, le petit Kenny meurt dans des circonstances atroces.

Et il est de retour au début de chaque épisode, comme si rien ne s'était passé. Derrière son impudence et grossièretés, la série se révèle être plus poétique qu'elle n'y paraît. Car la petite ville de South Park est une bulle de rêve où la violence et les horreurs de notre temps n'ont aucun impact sur leur réalité. Et où l'enfance s'avère être une éternité.

► South Park, à voir tous les soirs sur Game One

  • Légende du visuel principal: Les quatre copains de "South Park", la comédie inventée par Trey Parker et Matt Stone © Aucun(e)
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.