Disney donne une nouvelle vie à l'un de ses grands classiques en l'adaptant en série d'animation avec de nouveaux personnages et des décors plus modernes. Le résultat est réussi, bien rythmé et d'un humour très tendre. Mais pourquoi diable avoir fait disparaître Cruella, la méchante des "101 dalmatiens" ?

Disney poursuit son grand recyclage. L’heure est plus que jamais à la modernisation et au remake des grands classiques. Dumbo (réalisé par Tim Burton) est sorti au cinéma cette semaine et l’opération nostalgie passe aussi par la télévision, avec cette nouvelle série à voir sur Disney Channel : "101 rue des dalmatiens". C’est une coproduction anglo-canadienne. Chaque épisode dure 20 minutes et c’est recommandé pour les plus jeunes, à partir de 4 ans.

De lointains cousins de Pongo et Pedrita

Ce n’est pas exactement une adaptation du dessin animé original, Les 101 dalmatiens. On est toujours dans une maison à Londres, (un Londres plus moderne, avec des couleurs et un trait beaucoup plus pop que dans le dessin animé original, sorti en 1961 - graphiquement, c’est une jolie réussite) mais dans cette maison-là, vivent seulement des chiens. Aucun être humain. Ces dalmatiens sont de lointains cousins de Pongo et Perdita, ceux de l’histoire originale. Une centaine de chiots qui vivent tous sous le même tout, c’est le joyeux bazar assuré. Les deux aînés de la fratrie tentent vaguement de freiner les autres chiots dans leur enthousiasme à faire des bêtises. Le résultat est aussi tendre que rigolo. Et bourré d’énergie.

A quoi servent les méchants ?

Mais il y a un truc qui cloche : où est passée Cruella ? Elle n’est pas là. Les humains ne sont plus au cœur de l’histoire, vous disais-je. Roger et Anita, ceux qui se rencontraient et tombaient amoureux grâce à leurs chiens respectifs, on s’en passe aisément. Mais Cruella ! Comment se passer de Cruella ? Tellement marquante dans le dessin animé original :

Ce rire tout en mépris et en méchanceté est absolument délicieux ! On se souvient aussi de Glenn Close, qui a joué Cruella dans une adaptation en film sortie, en 1996. 

Voilà qui pose une question importante : à quoi servent les méchants ? On se souvient tous de celui ou celle qui nous a fait frémir quand on était gosse. Moi, c’était Barbe Bleue : j’étais fascinée par ce monsieur qui tuait ses femmes les unes après les autres. Cette histoire est monstrueuse, quand on y pense. Pourtant, je réclamais qu’on me la raconte encore et encore. Cruella qui veut dépecer des bébés chiens pour en faire des manteaux de fourrure, c’est atroce aussi ! 

Des méchants pour conjurer sa peur

Les méchants sont indispensables, les spécialistes des contes sont intarissables là-dessus. L’enfant en a besoin pour savoir que le mal existe, déjà. Pour structurer ses valeurs morales. Pour affronter sa peur, aussi. Pour mettre des mots sur sa peur. Et surtout pour la conjurer. Voilà pourquoi l’absence de Cruella est si cruelle.

Ce dessin animé a tout de même beaucoup de charme. Parce que les enfants ont aussi besoin de voir des personnages qui font des bêtises. Hyper rassurant. Et je peux vous dire qu’en la matière, la créativité des chiens du "101, rue des dalmatiens" est sans limites ! On se rassure surtout en lisant, ça et là, que Disney doit bientôt sortir un film dont Cruella sera le personnage principal. On parle d’Emma Stone pour incarner cette diablesse. Voilà une bonne raison d’applaudir la tendance à la nostalgie et au recyclage chez Disney !

"101 rue des dalmatiens", sur Disney Channel du lundi au vendredi à 17h15

  • Légende du visuel principal: Une adaptation savoureuse, drôle et et tendre du grand classique de Disney... mais qui manque cruellement d'une méchante ! © Aucun(e)
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