Ce soir à 23h40, France 2 diffuse un documentaire où des détenus échangent avec des victimes...

On voit dans ce film des scènes qui se font rares à la télévision. Si vous faites partie des couches-tôt, n'hésitez pas à vous le noter pour le voir en replay un peu plus tard dans la semaine, ça vaut vraiment le coup.

Les caméras de Johanna Bedeau ont suivi un groupe de parole organisé à la maison centrale de Poissy, réunissant des victimes ou des proches de victimes et des condamnés à de lourdes peines. Petite précision : les détenus ne se retrouvent pas confrontés à leurs propres victimes, les personnages de ce documentaire ne se sont jamais rencontrés avant ces réunions. 

C'est la première fois qu'un tel groupe de parole se rassemble... 

Et qui plus est devant des caméras de télévision. L'objectif est de se confronter aux récits de l'autre, au vécu de l'autre et surtout, d'arriver à entendre les propos de l'autre. 

Fait rarissime à la télé : les détenus ont fait le choix d'apparaître non flouté. Seule une victime d'une tentative de viol n'a pas souhaité figurer à l'écran. On voit donc José, Christophe et Stéphane raconter leurs crimes face caméra.

Petite chose à préciser : dans ce documentaire, les condamnés sont tous des hommes et les victimes sont toutes des femmes. Tous sont rassemblés autour d'une table. Les hommes d'un côté. Les femmes de l'autre. Ils se retrouvent tous dans une pièce mise à disposition par la prison. Un huis-clos par moment insoutenable tant les récits des condamnés sont durs à entendre. 

Pour les victimes, c'est sans doute pire puisque les crimes des uns reflètent leurs propres traumatismes. Parfois, il en ressort de la compréhension. Souvent, le dialogue paraît impossible. Comme cet échange entre une victime de tentative de viol et un homme coupable d'avoir tué sa femme.

Ça ne va pas vous empêcher de ressentir un profond malaise en regardant ce documentaire. Car ces vies qui tentent de se reconstruire s'entrechoquent sous nos yeux. Je ne sais pas si au bout du bout, les victimes parviendront à dédiaboliser un tant soit peu les condamnés. Mais elles auront au moins entendu leur vérité. Et par la même occasion, nous aussi, devant notre télé. 

  • Légende du visuel principal: Des rencontres organisées entre détenus et victimes © Getty
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