Le catalogue Netflix va s'enrichir, d'ici le mois d'avril, de vingt-et-un films des studios Ghibli. "Mon voisin Totoro" fait partie des premiers arrivants. Une merveille signée Hayao Miyazaki, sortie en 1988, avec un irrésistible nounours à tête de chat. Ode à la nature et récit d'apprentissage.

C'est un doudou pour enfants, mais aussi pour adultes. Et même pour ados, allez. Un doudou pour tout le monde. Totoro, grosse bestiole poilue, une tête de chat sur un corps de gros ours, avec des oreilles de lapin et des yeux de chouette, débarque sur Netflix. La plateforme a annoncé récemment qu'elle ajoutait 21 films Ghibli à son catalogue. 

Ghibli, c'est le studio que le grand Hayao Miyazaki a créé avec un autre maître de l'animation japonaise, Isao Takahata (à qui l’on doit « le tombeau des lucioles »). L’arrivée des pépites Ghibli sur Netflix se fera progressivement, d’ici avril. Et ça démarre ce samedi 1er février avec sept films, parmi lesquels, donc, « Mon voisin Totoro ». Chef d’œuvre sorti en 1988, qui n'a pas pris une ride.

C'est l'histoire de deux sœurs qui s'installent avec leur père dans une nouvelle maison à la campagne, pour se rapprocher de leur mère qui est à l'hôpital. Il se passe des choses bizarres, dans cette vieille maison qui grince. On croise notamment des toutes petites créatures noires cachées dans les recoins sombres. Ce sont des noiraudes... Les petites filles jouent les téméraires mais n'en mènent pas large. Voyons ce qu'en pense la voisine, la vieille dame de la maison d'à-coté :

Les noiraudes, pour s'en débarrasser, il suffit de parler fort et de rire aux éclats, en général ça les fait fuir...

Rire pour ne pas avoir peur... Comme elle est fine, la frontière entre la peur et l'émerveillement : c'est la grande leçon de ce film. D'ailleurs, c'est un dessin animé sans aucun méchant, voilà qui est très rare ! Mais on est terrifié par l'inconnu, par ce qu'on ne connait pas. 

Et Totoro, dans tout ça? Les fillettes vont faire sa connaissance plus tard, en explorant la forêt et en tombant dans un trou. La référence à « Alice au pays des merveille » est évidente. Devenir l'amie de Totoro, c'est monter dans un bus volant en forme de chat, faire pousser des graines magiques, s'envoler sur une toupie, et admirer le paysage depuis la cime d'un arbre géant, un camphrier majestueux. La nature est reine, dans « Mon voisin Totoro », les petites filles entretiennent avec elle une relation presque mystique. 

Le pouvoir magique de ce film, c'est de pouvoir toucher les tous petits comme les très vieux. Car c'est un récit d'apprentissage, où il est question de domestiquer la peur, grâce à ce gros doudou, à cet ami imaginaire. L'imaginaire, finalement, est la pire et la meilleure des choses : il peut fabriquer de la crainte, de l'appréhension, mais il permet aussi de voir la fine couche de rêve et de poésie posée à la surface du monde. C'est la force des contes : cette histoire très japonaise est complètement universelle. Albert Einstein avait raison, qui affirmait : "Celui qui n'est plus capable de s'émerveiller a pratiquement cessé de vivre". Pas vrai, Totoro? Bon, je crois qu'il a encore sommeil. Laissons-le dormir et veiller sur la forêt... 

"Mon voisin Totoro", de Hayao Miyazaki : à voir sur Netflix à partir de samedi 1er février. Et les 21 films des studios Ghibli vont donc arriver sur la plateforme d'ici le mois d'avril. 

  • Légende du visuel principal: Une tête de chat sur un corps de gros ours en peluche. Totoro est tellement iconique qu'il est devenu le logo des studios Ghibli. © AFP / Tokuma Japan Communications Co. / Collection ChristopheL
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