Avec une vidéo filmée à la frontière turco-syrienne, le quotidien turc Cumhuriyet révélait une affaire d'Etat en 2015 : une livraison d'armes de la Turquie en Syrie. "Envoyé spécial" a repris cette enquête interdite par les autorités, et posé les questions que les journalistes turcs ne peuvent plus poser.

L'humeur du jour est au replay

Je vous propose deux conseils pour le prix d'un : deux programmes diffusés cette semaine et qu'il faut à tout prix rattraper si vous les avez ratés.

D'abord un reportage diffusé hier dans Envoyé Spécial sur France 2 et qui porte un message très fort, à destination de ceux qui s’en prennent à la liberté de la presse, partout dans le monde : si vous tentez de faire taire le messager, vous n’empêcherez pas le message d’exister. C’est le principe d’un collectif baptisé « Forbidden stories » (histoires interdites) : des journalistes qui reprennent les enquêtes de leurs confrères qui ne peuvent plus travailler parce qu’ils ont été menacés ou assassinés. 

C’est ce qu’a fait Laurent Richard, d’Envoyé Spécial : il a poursuivi une enquête interdite, en Turquie. Celle de Can Dündar, qui vit en Allemagne après avoir échappé à une tentative d’assassinat. L'ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet enquêtait sur des images troublantes : une vidéo sur laquelle on voit des camions des services secrets turcs transportant des armes à destination de la Syrie. L’équipe d’Envoyé Spécial apporte de nombreux éléments qui montrent que ces armes, dans les camions, étaient pour des groupes islamistes. 

La Turquie a-t-elle trahi ses alliés occidentaux dans la lutte contre le terrorisme ?

« L’affaire des camions », comme on l’appelle en Turquie, est devenue un scandale d’Etat, les images en question sont classées secret défense. Tous ceux qui ont enquêtés sur cette histoire ont été arrêtés, qu’ils soient gendarmes, procureurs ou journalistes. Et le président turc, Recep Tayip Erdogan, a même menacé le journaliste Can Dündar, en direct à la télévision. 

Le journaliste d’Envoyé Spécial a interpellé Erdogan sur cette affaire lors d’une conférence de presse commune avec Emmanuel Macron : la colère du président turc est saisissante, à côté du président français qui plonge le nez dans ses notes. La Turquie est considérée par Reporters Sans Frontières comme la plus grande prison pour journalistes au monde. 

« Turquie : l’enquête interdite ». C'est à voir en replay sur le site de France Télévision. 

Deuxième conseil : Stéphane Audran ! La comédienne a disparu cette semaine et pour lui rendre hommage, Arte a diffusé mercredi « Le festin de Babette », adaptation d'un roman de Karen Blixen. Karen Blixen dont les livres, décidément, sont taillés pour le cinéma, puisque c’est aussi elle qui a écrit aussi le roman adapté par Sydney Pollack dans « Out of Africa » avec les inoubliables Robert Redford et Meryl Streep. 

Le festin de Babette, donc

On n’est pas dans une ferme en Afrique, c’est beaucoup plus austère : bienvenue dans une communauté luthérienne d’un petit village danois. La tenue noire est de rigueur. Babette (interprétée par Stéphane Audran) est une cuisinière française qui atterrit chez deux sœurs, dévotes et célibataires. Tout cela est très fun ! 

Mais justement : cette atmosphère un peu sombre donne au film une allure de conte très savoureuse. Babette gagne à la loterie, elle décide de préparer un banquet somptueux. Et tous les convives de découvrir que le plaisir existe ! Des sourires se dessinent sur les visages des invités, les regards se croisent. Les nourritures terrestres agissent comme un remède à la nostalgie, qu’on retrouve chez la plupart des personnages. 

Voici le menu : soupe de tortue géante, blinis Demidoff au caviar, caille en sarcophage au foie gras et sauce aux truffes, salade d'endives aux noix, fromage, savarin, salade de fruits glacés, baba au rhum. Un film qui donne faim et dans lequel Stéphane Audran, seule Française au milieu de ce casting danois, est lumineuse.

"Le festin de Babette" : film de Gabriel Axel, disponible en replay sur le site d'Arte jusqu'à mercredi prochain. 

Légende du visuel principal:
Le président turc Recep Tayyip Erdogan en janvier 2018 à l'Elysée © Getty / Chesnot
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