Un pianiste de jazz à la renommée internationale embauche un chauffeur pour une tournée dans le Sud des États-Unis. Tournée à haut risque, car le pianiste est Noir et que nous sommes dans les années 1960. Un film touchant et subtilement politique, à voir en clair sur Canal Plus ce lundi 30 mars à 13h35.

Viggo Mortensen et Mahershala Ali dans "Green Book : sur les routes du Sud"
Viggo Mortensen et Mahershala Ali dans "Green Book : sur les routes du Sud" © 2018 Storyteller Distribution CO. LLC. All Rights Reserved./Photo: Patti Perret

Le film est diffusé sur Canal Plus en pleine journée ce lundi 30 mars, à 13h35. Mais n'allez pas me faire croire que vous avez encore des horaires, pour ceux et celles qui télétravaillent ! Et si vous gardez les enfants à la maison, bingo : 13h35 c'est l'heure de la sieste. Surtout, cela vaut le coup d'en profiter parce que la gratuité de Canal Plus touche à sa fin : l'opération a mis en rogne TF1 et M6, qui ont reçu le soutien du CSA. Résultat, Canal Plus a promis d'y mettre fin le 31 mars. 

Inspiré de faits réels

Prenons la route. Vous ne serez pas contre un bon vieux road movie, en ce moment. "Green Book : sur les routes du Sud" (sorti au cinéma en 2018) raconte un long voyage en voiture, sur les routes américaines dans les années 1960. Histoire inspirée de faits réels. Tony - joué par un Vigo Mortensen méconnaissable - est un agent de sécurité bon vivant et débonnaire, un New-Yorkais d'origine italienne. Il est embauché par un pianiste de jazz, à la renommée internationale, Don Shirley - interprété par Mahershala Ali - pour être son chauffeur pendant une tournée dans le Sud des États-Unis. Tournée à haut risque, car Don Shirley est Noir et le Sud du pays est encore ségrégationniste. Le "green book" du titre, c'est un guide qui recense les établissements acceptant les Noirs. Ce musicien virtuose, applaudi par la haute société blanche dans toutes les villes où il se produit, va vivre les humiliations que subissent les Noirs tous les jours : pas d'accès aux restaurants, aux hôtels, aux toilettes fréquentés par les Blancs. 

Deux hommes que tout oppose

Au départ, Tony, le chauffeur, lui-même pétri de préjugés racistes, ne comprend pas pourquoi son patron s'inflige un tel voyage, alors qu'il pourrait enchainer les concerts trois fois mieux payés en restant à New York. Quels sacrifices faut-il concéder pour faire évoluer les mentalités ? C'est toute la question. Racontée ainsi, l'histoire peut sembler un peu cliché. La naissance d'une amitié entre deux hommes que tout oppose, un snob et un plouc, un Noir et un Blanc, un homo et un hétéro. Mais elle est filmée et racontée avec une grande subtilité par Peter Farelly, qui échappe avec brio à la caricature. 

Peter Farelly est l'un des frères Farelly, à qui l'on doit "Mary à tout prix" et "Dumb and Dumber", comédies réjouissantes et régressives des années 1990. Changement de registre radical pour le frère aîné, donc, avec ce film très politique, mais aussi très drôle. J'aimerais insister là-dessus. Très drôle, notamment grâce aux lettres que Tony écrit à sa femme et que Don trouve consternantes. Alors il va l'aider un peu... Il y a quelque chose de Cyrano de Bergerac dans cette histoire ! Et quand on voit apparaître, au générique de fin, les deux photos du vrai pianiste et du vrai chauffeur qui ont inspiré ce film, je peux vous dire qu'on est tout chose... A la fin de l'envoi, ils touchent.  

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