Pas vraiment de révélation fracassante pour ceux qui connaissent par cœur la vie de Claude François. Mais le documentaire diffusé ce soir sur TMC brosse un portrait tout en nuances du chanteur, 40 ans après sa mort.

Préparez-vous, on n’a pas fini d’en entendre parler. Claude François est mort le 11 mars 78 : cela fera donc 40 ans dans quelques semaines et cet anniversaire risque de faire plus de bruit que toutes les cymbales du carnaval. TMC prend un peu d'avance et diffuse ce soir un documentaire. Je tiens à m’excuser auprès des fans, mais je le recommande parce qu’il déboulonne un peu la statue de Cloclo. Le film en fait des tonnes sur le côté « ultimes révélations 40 ans après sa mort », mais il s’appuie sur des images d’archives inédites (oui, il reste encore de l’inédit sur Claude François, ça parait incroyable). Le résultat est un portrait assez saisissant, même s’il n’y pas de grosse surprise pour qui connait par cœur la vie du chanteur.

Un artiste tyrannique qui voulait tout contrôler

Il faut attendre une petite heure pour le côté sombre. Au début, on a droit à son enfance en Égypte, son arrivée en France dans la pauvreté, ses débuts dans la chanson, son succès phénoménal, son sens incroyable du spectacle et du rythme... Et ensuite, place à l’artiste tyrannique qui voulait tout contrôler, qui se mettait dans une colère noire et devenait charmant trois minutes plus tard. Claude François était-il bipolaire ? La question est posée. Son fils explique que trois petits graviers dans le gazon pouvaient le rendre complètement marteau. (Non, il ne dit pas "marteau", mais c'est dommage).

Infidèle et possessif

Son rapport avec les femmes est aussi évoqué. Cloclo aimait les chansons qui parlent d’amour et d’hirondelles, de chagrins de vent et de frissons mais c’était aussi un homme très infidèle et possessif, obsédé par le besoin de séduire. Dans une interview à la télé belge, voici ce qu'il dit en parlant des femmes :

J'aime les filles jusqu'à 17-18 ans, après je commence à me méfier. Dieu si j'ai des aventures au delà de 18 ans, bien sûr, heureusement. Mais après 18 ans, je me méfie parce qu'elles commencent à réfléchir, elles sont plus naturelles. Cela commence même quelque fois avant. 

Quelles purges ces gonzesses ! On s’aperçoit que c’est aux médias étrangers que Cloclo s’est le plus dévoilé. Face à une caméra de la BBC, il explique qu'il déteste son image dans le miroir, qu'il ne regarde jamais les photos de lui dans les magazines. Le documentaire rappelle qu’il a été l’un des premiers artistes à recourir à la chirurgie esthétique : trois opérations du nez. Quand il a été reconnu coupable de fraude fiscale en 1973 (et condamné à huit mois de prison avec sursis), il était tellement furieux qu’il a fait une crise d’urticaire sur le visage. Dur dur pour quelqu’un qui n’aime déjà pas beaucoup se regarder.

Mais les amoureux de Cloclo peuvent tout de même regarder TMC ce soir. Si ! Car le portrait est nuancé. Certains passages sont hagiographiques et on même droit au témoignage, 40 ans après, de la petite fille qui répondait au téléphone dans « le téléphone pleure » ! Ah, c’est le monsieur de la dernière fois ? Oui, c’est le monsieur de la dernière fois et il en prend pour son grade à la télé ce soir.  

« Cloclo : 40 ans après, ultimes révélations » : ce soir sur TMC à 21h.

Légende du visuel principal:
Claude François, un homme possessif, obsédé par le besoin de séduire. © Getty / Laurent Maous
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