La chanson est signée Gaston Gabaroche, un spécialiste de la gouaille un peu grivoise, dans une de ses chansons de demi-mondaine, comme l'époque les aime beaucoup.

Couple au lit
Couple au lit © AFP

On m'appelle la môme aux poilus / quand j'en vois mon cœur est ému / y'a rien à faire, les militaires sont des costauds qui me collent à la peau

Les demi-mondaines, ce sont ces femmes qui ne vivent pas tout à fait bourgeoisement. Des femmes vénales, dit-on quand on veut défendre la morale. Mais des personnages particulièrement pittoresques pour en faire des chansons.

J'aime les soldats, et tout ce qu'on dira, entre nous, j'm'en fous

Ah oui, elle les aime ces soldats, la généreuse môme aux poilus. Le prestige de l'uniforme bleu horizon et la barbe du poilu... quelle ivresse.

Je pourrais comme les honnêtes femmes, en choisir un pour l'épouser / Mais franchement mesdames, un seul c'est vraiment pas assez / Si j'obtenais le consentement, j'épouserais tout un régiment

Cette femme-là fait rêver assurément. Elle fait rêver les soldats qui aimeraient bien la rencontrer, la môme aux poilus. Vous me direz qu'à l'époque il y a des maisons pour ça.

La guerre a été aussi une période faste pour la prostitution. Des millions de femmes jetées dans la pauvreté parce que leur homme est au front. Des millions d'hommes vivant dans le danger, les souffrances et la frustration sexuelle.

Alors, tandis que les sinistres maisons closes à bon marché prospèrent, la chanson invente des femmes idéales comme la môme aux poilus.

Un rêve cette fille, un fantasme. D'ailleurs, dans la chanson, elle ne fait pas payer.

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