Pendant les quatre années de la Grande Guerre, les Français ont chanté. Avec enthousiasme, avec désespoir, avec haine, avec pitié, avec humour, avec patience… Pendant quatre ans, des milliers et des milliers de chansons ont été écrites pour dire cette guerre.

Commémoration du 100ieme anniversaire de la guerre 14-18
Commémoration du 100ieme anniversaire de la guerre 14-18 © AFP

Il fallait mobiliser contre l’Allemagne et l’Autriche- Hongrie, donner courage aux Poilus, consoler veuves et orphelins, justifier les sacrifices énormes de la nation, mais aussi critiquer les profiteurs de l’arrière, amuser les permissionnaires, faire rêver les soldats.

Des caf’ conc’ bruyants aux temples de la musique classique, des casernes aux hôpitaux, des écoles primaires aux trains de permissionnaires, des ouvroirs des dames de charités aux salons des maisons closes, on a chanté la guerre de manière obsessionnelle. Puis, le 11 novembre 1918, on a rangé ces partitions, que l’on a oubliées. 

Bertrand Dicale a exhumé ces chansons dans les bibliothèques et les archives : grands succès des vedettes de l’époque, chants des régiments, hymnes patriotiques ou comptines apprises aux enfants, mais aussi chansons antimilitaristes circulant sous le manteau, manifestations de la plus hystérique haine du Boche ou refrains des troupes coloniales. Ces chansons ont été enregistrées par les voix du Choeur et de la Maîtrise de Radio France, dans un chantier de restitution et de re-création unique. 

Le cri de la France

Il est possible que vous gardiez ce refrain en tête toute la journée. Le refrain du Cri de la France a une force mélodique imparable, même s'il exprime avec la plus terrible brutalité la haine de l'allemand. Une haine instinctive, terrible, sans nuance.

Tant qu'il y aura des Allemands qui lâchement sèment la souffrance          
Tant que vivra leur empereur,  ce massacreur atteint de démence          
Tant qu'un Prussien restera et souillera le sol de la France          
Sans répit nous combattrons, jusqu'au dernier nous les aurons !

Ce refrain fut un vrai succès, si l'on en juge la facilité avec laquelle on trouve la partition de cette chanson dans les brocantes et dans les vieux albums de famille.

L'auteur, paroles et musique, est Henri Christiné qui avait déjà signé La petite tonquinoise, Valentine, Dans la vie faut pas s'en faire... toutes ces chansons joyeuses et légères...

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