C'est peu de dire que Francis Casadesus est enflammé. Dans son "Chant de guerre du paysan", il y va avec ardeur. "De ta faux, aiguiser la lame et d'un pas rude va faucher". Faucher les ennemis évidemment.

Vous vous dites peut-être qu'il s'agit d'une chanson à brailler dans les cabarets. D'une chanson pour les soldats d'un régiment d'élite ? Et bien non. Nous sommes chez les gens cultivés, très cultivés. Nous sommes dans le monde élégant et raffiné de la musique classique.

Le compositeur Francis Casadesus qui a aussi écrit les paroles du Chant de guerre du paysan compte parmi les personnalité en vue de la vie musicale parisienne. Ce compositeur et chef d'orchestre appartient à la première génération de la dynastie des Casdesus qui a donné beaucoup de grands musiciens jusqu'à aujourd'hui.

Parmi eux, son petit frère, Marcel easadesus, grand violoncelliste qui à 32 ans est mobilisé comme deuxième classe au 69e régiment d'infanterie. Il meurt de blessures de guerre en octobre 1914.

Entends le râle de ta mère / Dont le sang pleure en lourd ruisseau / Le Hun au sol de sa chaumière l'a clouée avec son couteau

Même dans l'univers des premiers prix de conservatoire, on a des pensées et des mots furieusement sanguinaires. On manipule des mots de haine d'une force terrible. 

Jeter le paysan sa faux à la main contre l’allemand qu'il doit exterminer

Mais incontestablement, si l'on fait abstraction du texte, c'est de la belle musique.

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