Vous allez reconnaître la mélodie de "l'Internationale" et une partie des paroles du refrain. Pourtant ici, on ne chante pas c'est la lutte finale, mais c'est la guerre finale.

Les soldats de l’armée française dans les tranchées - Illustration dans "Mon histoire de la grande guerre" d'Olivier d'Arc - 1919
Les soldats de l’armée française dans les tranchées - Illustration dans "Mon histoire de la grande guerre" d'Olivier d'Arc - 1919 © AFP

Ce n'est pas une parodie militariste du grand chant de révolte des syndicats et des partis ouvriers. Non ! C'est vraiment un chant qui vient de la gauche de la gauche. Ecoutez bien les paroles, elles appellent ouvertement à prendre les armes.

vous les gueux vous les gens d’misère / Les risque tout les anarchos / Crions toujours guerre à la guerre / Et pour l’abattre prenons l’flingot

Ce texte parait le 5 août 1914 dans le journal La Guerre Sociale et il est signé par Montéhus, le chansonnier humanitaire. Montéhus, c'est un personnage majeur de l’extrême gauche qui a souvent eu à faire à la justice, notamment pour des chansons violemment anti-militariste et pacifiste.

Dans les premiers jours de la guerre, Montéhus appelle ouvertement sa famille politique. Il cite nommément les anarchistes à prendre le flingot (le fusil), c'est à dire à accepter de bon cœur l'ordre de mobilisation générale et revêtir l'uniforme de l'armée française.

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