C'est ce qu'on appelle du bourrage de crâne et c'est le quotidien des Français en guerre. Nous sommes ici dans les escaliers d'un immeuble. On papote avec la concierge et qu'est ce qu'on apprend que les sous-marins allemands vont tous être coulés.

Les éditeurs pendant la première guerre mondiale, faisaient régulièrement publier dans les journaux des appels aux poilus pour qu'ils transmettent leurs photos qui étaient ensuite largement diffusées
Les éditeurs pendant la première guerre mondiale, faisaient régulièrement publier dans les journaux des appels aux poilus pour qu'ils transmettent leurs photos qui étaient ensuite largement diffusées © AFP

Ecoutez, c'est clair / Parait qu'les chiens d'mer / On les a dressés / Pour nous rapporter / Tous les sous-marins / C'est ça qu'est malin !

Ah ça c'est très fort ! Des chiens de mer dressés pour couler les sous-marins et ce n'est pas le seul bobard que l'on a entendu pendant la guerre. Il parait que l'on va creuser un tunnel jusqu'à Berlin pour prendre à revers les Allemands.

Mais comment ne pas croire les annonces les plus extravagantes quand la réalité elle-même est incroyable. L'apparition des gaz de combat en 1915. Ou des chars d'assaut en 1916 suscite des bruits apocalyptiques ou au contraire de folles espérances.

Et c'est comme ça qu'on vous Bourr' le crâne / Bourre et bourre et ratatame 

Ce sont les soldats eux-mêmes qui ont inventé l'expression "Bourrage de crâne" parce qu'ils comprennent très vite qu'à l'arrière la propagande décrit une guerre qui n'est pas du tout celle qu'ils connaissent en première ligne.

En 1914, pendant les premières grandes batailles un journal parisien écrit même que les balles de mitrailleuses allemandes vont trop lentement pour infliger des blessures graves aux soldats !

Et sur le front comme à l'arrière on apprend peu à peu à se méfier du bourrage de crâne, comme en témoigne cette chanson de 1917.

Une chanson féroce qui décrit toute l'impatience des Français devant toutes les annonces optimistes qu'on leur sert généreusement depuis août 1914.

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