Cette chanson s'adresse à Jean-Louis Forain, le plus grand dessinateur de presse de l'époque.

Portrait de Jean Louis Forain (Jean-Louis Forain, 1852-1931), peintre, graveur et illustrateur realiste et impressioniste francais.
Portrait de Jean Louis Forain (Jean-Louis Forain, 1852-1931), peintre, graveur et illustrateur realiste et impressioniste francais. © AFP / Jean Bernard/Leemage

Le 9 janvier 1915 il publie dans le journal l'Opinion un dessin dans lequel on voit deux poilus dans une tranchée.

L'un dit à l'autre : 

Pourvu qu’ils tiennent. – Qui ça ? – Les civils

Ça fait rire mais ça déclenche aussi une énorme polémique. Une chanson sort Ohé M'sieur Forain, elle va être chantée sur scène par d’énormes stars, comme le grand comique troupier Paulin. Et cette chanson désigne violemment le caricaturiste.

Nous tiendrons. Nous tiendrons, même si nous n'enlevons pas les Eparges.

Les Eparges, une bataille dans la Meuse, une crête ou les soldats français de la 12è division d'infanterie se battent avec des pertes énormes, mais sont finalement victorieux.

Donc si les civils admetent qu'ils n'accomplissent pas de tel prodiges, ils tiennent quand même

Je tiens, tu tiens, nous tenons, ils tiennent

Au fond, on ne sait pas bien ce qu'ils tiennent, les civils de la chanson, mais ils tiennent. Ils sont comme les poilus, obstinés, confiants, héroïques, et à l'arrière ils tiennent. ce qui leur donnent le droit de s'en prendre nommément à Forain et à la presse en général dès qu'elle semble douter un seul instant de l'unanimité de la France en guerre.

On tiendra l'hiver prochain et jusqu'à la Saint Glinglin / Oui, M'sieur Forain

Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.