Voici une chanson qui ne fleure pas la modernité. Pour tout dire, on est plutôt dans le genre comique troupier qui fit la gloire du caf'conç avant la guerre

Idylle de poilus
Idylle de poilus © AFP

Mais là, nous sommes en 1915 et le bidasse mal dégrossi qui sort de la gare de l'Est c'est un poilu.

En passant boulevard de Strasbourg / il croisa dans le milieu de la rue / une jolie marchande d'amour

Ah, la fascination des campagnards pour les parisiennes. Cet argument avait donné naissance à des dizaines de chansons qui peignaient les malheurs de pauvres gars abusés par les vénéneuses beautés de la Capitale.

Mais ça, c'était avant-guerre. Maintenant, un poilu, c'est sacré.

Elle lui dit "ben qu'est-ce que t'attend, à me zieuter béatement"

La fille d'amour ne lui demande pas d'argent. Au contraire, elle lui dit qu'elle lui doit la croustille, son casse-croute... en conséquence de quoi.....

Une idylle de poilu nous raconte ce qui est absolument une bonne fortune. Une bonne fortune qui va forcément faire rêver beaucoup de soldats qui viennent en permission à Paris et se demandent si toutes les filles que l'on croise sur le boulevard de Strasbourg ressemblent à la généreuse petite patriote de la chanson.

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