Ce carnet est consacré aujourd’hui à un nouveau-né : la Maison Cocagne.

Depuis la création d’un premier Jardin Cocagne en 1991, des dizaines de lieux de production maraîchère ont vu le jour  partout en France. Non seulement ils produisent des légumes labellisés  agriculture biologique et ils les distribuent aux milliers  d’adhérents-consommateurs, mais ils  ont pour vocation d’être des ateliers et chantiers d’insertion qui donnent un emploi aux personnes qui en sont dépourvues.  C’est  ainsi que le Réseau Cocagne s’inscrit dans des principes très actuels  de transition écologique et de transition sociale autour d’une  alimentation saine et accessible à tous. Depuis septembre, une Maison Cocagne s’est installée là où on ne  l’attendait pas : au cœur du pôle scientifique et technologique du  plateau de Saclay qui comprend 65000 étudiants et 15 000 chercheurs.  Pourquoi cette implantation à cet endroit et quelle utilité va avoir cette Maison Cocagne ? Des réponses avec notre invité, Dominique Hays, son président.

Nous avons reçu un nouveau volume des Carnets d’alerte, une collection  d’ouvrages lancée par Juliette Duquesne, journaliste et Pierre Rabhi, figure tutélaire de l’agroécologie. Le 5 ème volume qui  vient de paraître a pour titre « Vivre mieux sans croissance » et il  s’insère parfaitement dans la logique défendue depuis 28 ans par les  jardins de Cocagne. Ce livre reprend les termes chers à notre jardinier de l’humain dont la sobriété heureuse contre une  croissance qui est synonyme d’avidité programmée. Si la formule prête à  faire sourire les abonnés du commerce mondial en permanente attente de profits, elle est confortée ici par une enquête menée par notre consoeur et par les multiples exemples d’observateurs de  notre société  comme la sociologue Dominique Méda et le philosophe Patrick Viveret pour ne  citer qu’eux. Ces deux derniers s’accordent pour mettre en regard le  terme de croissance avec la seconde guerre mondiale moins pour l’effort  de reconstruction que le conflit a exigé, mais plus pour l’idéal de productivité qui l’a accompagné jusqu’à  l’application dans l’horreur de la solution finale. Production  industrielle et destruction à échelle industrielle sont indéfectiblement  liées. Mais c’est vers des solutions que s’oriente la suite du livre telles que l’expérience d’Ecoravie, montage d’habitats  participatifs à Dieulefit dans le Drôme dont nous avons déjà parlé, ou  le sort d’entreprises qui souhaitent échapper à l’emprise d’un unique  propriétaire à l’image de Léa Nature avec ses 1400 salariés dont le créateur aspire à redonner la capital à ses salariés une fois la retraite arrivée. Les Carnets d’alerte sont édités aux Presses du Châtelet.

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