"Mon fils, tu es prédestiné ! Tu réaliseras cet artiste idéal dont l’image avait vainement fasciné ma jeunesse" , dit Adam Liszt à son fils Franz.

Franz Liszt photographié en 1858 par Franz Hanfstaengl
Franz Liszt photographié en 1858 par Franz Hanfstaengl © domaine public - wikimedia Commons / Franz Hanfstaengl

Samedi sera l'exact jour du bicentenaire de la naissance de Franz Liszt. Frédéric Lodéon lui consacre cette émission en compagnie de Jean-Yves Clément, Commissaire de l'Année Franz Liszt en France, dont voici l'introduction :

Compositeur révolutionnaire, pianiste virtuose, chef d'orchestre, écrivain prolixe, professeur de légende, philanthrope et humaniste, Liszt a marqué son époque. Figure emblématique de la génération romantique, véritable légende de son vivant, il peut être considéré comme la première "pop-star" de l'histoire de la musique. "Propagateur" incomparable de la musique des autres, il a mené sa carrière dans presque tous les pays qui forment l'Union européenne d'aujourdhui, dont il est une des principales figures culturelles. Pour Ravel, bien des compositeurs doivent "le meilleur de leurs qualités à la générosité musicale, vraiment prodigieuse, de ce grand précurseur".

Le bicentenaire de sa naissance, en 2011, est fêté à travers le monde, et particulièrement en France, pays qui l'avait adopté et avec lequel il a toujours entretenu de profondes relations. Liszt a toujours parlé et écrit le français ; il confessait une "passion chauvine pour Paris" où il s'était installé à 12 ans. C'est en raison de ces liens privilégiés que le Ministère de la Culture et de la Communication et le Ministère des Affaires étrangères et européennes ont décidé la mise en place de l'Année Liszt 2011 en France, inscrite à la liste des Célébrations nationales.

Eternel tzigane de l'âme, voyageant sans cesse de Dublin à Saint-Pétersbourg, de Cadix à Istanbul et dans plus de soixante villes françaises, Liszt fut aussi un penseur pertinent, poétique et iconoclaste.

L'Année Liszt 2011 en France a pour but de lever le voile sur l'immense héritage de Liszt, sur son œuvre, son message, qui dépasse le seul domaine de la musique. Son site vous permettra de parcourir sa carrière, son œuvre, ses voyages, et de vous tenir informé des nombreux événements qui marqueront le bicentenaire de sa naissance (le lien au bas de cette page).

"La mission des artistes est d’exprimer, de manifester, d’élever et de diviniser en quelque sorte le sentiment humanitaire sous tous ses aspects"

Franz Liszt, 1835

programmation musicale :

Franz Liszt / d'après Gioacchino Rossini : La Danza, tarentelle napolitaine

Guillaume Coppola, piano

ELOQUENTIA EL 1130 (cb 3 760107 400307) p 2009 c 2011

Franz Liszt : S'il est un charmant gazon

Janet Baker, mezzo-soprano; Geoffrey Parsons, piano

EMI CLASSICS 50999 085533 2 4 (d'un coffret 6 CD ref 50999 085524 2 6) compil p c 2011

titre du coffret : Liszt - Ses 100 Chefs-d'oeuvre

Franz Liszt : Les Préludes (extrait)

Philadelphia Orchestra

direction : Riccardo Muti

EMI CLASSICS 50999 085535 2 2 (d'un coffret 6 CD ref 50999 085524 2 6) compil p c 2011

titre du coffret : Liszt - Ses 100 Chefs-d'oeuvre

Franz Liszt : Christus : Les 3 Rois Mages

Radio-Sinfonieorchester Stuttgart

direction : Helmut Rilling

HÄNSSLER CLASSIC CD 98.121 (d'un coffret 3 CD - cb 4 010276 004462) p c 1998

titre du coffret : Franz Liszt - Christus

Franz Liszt : Christus : "Tristis est anima mea"

Andreas Schmidt, basse (le Christ)

Radio-Sinfonieorchester Stuttgart

direction : Helmut Rilling

HÄNSSLER CLASSIC CD 98.121 (d'un coffret 3 CD - cb 4 010276 004462) p c 1998

titre du coffret : Franz Liszt - Christus

Franz Liszt : 6ème Rhapsodie pour orchestre, "Carnaval de Pest" (extrait)

London Symphony Orchestra

direction : Antal Dorati

MERCURY 432 015-2 (cb 0 289-432015-2 0)

GB, VII/1963. compil p c 1991

Franz Liszt : Grand Galop Chromatique

György Cziffra, piano

BRILLIANT CLASSICS 93786/3 (d'un coffret 10 CD ref 93786 - cb 5 028421 937861)

Budapest, VI/1954

titre du coffret : Liszt - Great Liszt Interpreters Play Liszt

Franz Liszt : 2ème concerto pour piano : Allegro animato

Byron Janis, piano

Orchestre Radio Symphonique de Moscou

direction : Gennady Rozhdestvensky

NEWTON 8802058 (cb 8 718247 710584) compil p 1990 c 2011

Robert Schumann : Concerto pour piano en la mineur : Allegro vivace (extrait)

Lars Vogt, piano

Orchestre Philharmonique de Radio France

direction : Myung-Whun Chung

HORS COMMERCE - Enregistrement de concert Radio France, diffusion intégrale dimanche à 21h (le lien au bas de cette page)

Paris, 25/IX/2009

Franz Liszt : 2ème Etude d'Exécution Transcendante, en la mineur

François-René Duchable, piano

EMI CLASSICS 7243 5 56684 2 4. p c 1999

Quelques repères biographiques :

Franz Liszt naquit à Raiding (en Hongrie, aujourd’hui en Autriche) le 22 octobre 1811. Il est le fils unique d’Adam Liszt, intendant des bergeries des Esterhazy et de son épouse Maria Anna Lager. Enfant fragile, il reçut une éducation générale assez négligée. Cependant, son génie musical s’affirma dès l’âge de cinq ans puisque d’après les souvenirs paternels, une fois l’interprétation du Concerto en ut dièse mineur de Ferdinand Ries terminée, il était déjà capable d’en chanter les thèmes de mémoire. Son père, lui-même violoncelliste, violoniste et chanteur en voix de basse, lui inculqua ses premières leçons musicales et pianistiques. Il lui fit connaître les compositeurs Johann Nepomuk Hummel, Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven ; ce dernier étant le compositeur préféré du jeune élève. Adam Liszt lui dispensa son savoir jusqu’à l’âge de neuf ans.

C’est en 1819 que Liszt, accompagné de son père, rencontra Karl Czerny pour la première fois à Vienne et en 1821, lorsque toute la famille y déménagea, le petit Franz commence les cours de piano avec son nouveau professeur. A partir de 1822, il prit également des cours de composition avec Antonio Salieri et donna son premier concert viennois à l’hôtel de ville.

11 décembre 1823 : arrivée de la famille Liszt à Paris. Rencontre avec Sébastien et Pierre Erard, qui lui offrent un piano à sept octaves, muni d’un tout nouveau système à «double échappement ». Commence alors une collaboration entre le compositeur et le facteur de piano: Liszt jouait sur des pianos Erard afin d’exporter et de promouvoir ce nouveau procédé. Il se présente au conservatoire de Paris, mais Cherubini, alors directeur de l’Institution, le refuse sous le prétexte qu’il est étranger. Liszt choisit alors deux autres professeurs : Anton Reicha pour la théorie et Ferdinando Paer pour la composition et l'harmonie.

1824 : Liszt fait ses débuts à Londres : beaucoup de personnalités y assistent : Muzio Clementi, Johann Bapstist Cramer, Muzio Ries, Friederich Kalkbrenner, Cipriati Potter. Liszt fait également la connaissance de Félicité Robert Lamennais, écrivain, prêtre et philosophe français. Son ouvrage Paroles d’un croyant marqua le compositeur.

1826 : Liszt commence à composer une série de douze études : Etudes en douze exercices . Ces études seront remaniées pour devenir les Grandes Etudes en 1838, et les Etudes transcendantes en 1851.

28 août 1827 : décès d’Adam Liszt, père du compositeur

1828 : Liszt fait la connaissance de Caroline, fille du comte de Saint-Cricq, ministre de Charles X, premier amour du compositeur. Le père de la jeune fille s’oppose à son mariage avec un artiste.

1829 : première tentative pour devenir prêtre. Sa mère l’en empêche.

Les années 1830 à Paris

Juillet 1830 : Liszt a le projet d’écrire une symphonie révolutionnaire où doivent apparaître un chant hussite (chrétien de Bohême partisan de Jan Hus, réformateur brûlé comme hérétique au 15ème siècle), un choral luthérien, et la Marseillaise. Ce projet se concrétisa quelques années plus tard par la composition de L’Héroïde Funèbre , hymne à la mémoire des morts de tous les pays.

5 décembre 1830 : Liszt est subjugué par la représentation de la Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz, qui lui ouvre les possibilités offertes par la musique à programme.

Dès 1832 : Frédéric Chopin lui fait découvrir toutes les palettes sonores du piano. Il entend Niccolo Paganini pour la première fois. Sa virtuosité violonistique oriente Liszt vers une technique de virtuosité pianistique transcendante.

1835-1842: Pianiste virtuose itinérant

Rhapsodie hongroise Etudes d'après Paganini

31 mars 1837 : duel pianistique entre Franz Liszt et Sigismond Thalberg qui profite de l’absence de Liszt dans la capitale française pour lui ravir la place de « premier » pianiste. Cette confrontation a lieu dans les salons de la Princesse Belgiojoso qui prononce ce fameux verdict : Thalberg est le premier pianiste du monde, Liszt est le seul .

(1835-1836)L’album d’un voyageur , et Années de pèlerinages (1836-1839), inspirés de différents séjours de Liszt en Suisse et en Italie.

De 1835 à 1839: liaison passionnée entre la comtesse Marie d’Agoult (1805-1876), rencontrée en 1832. Ils s’installent à Genève où Liszt commence une carrière de professeur. 18 décembre 1835 : naissance de leur première fille, Blandine (future femme d’Emile Ollivier), suivront Cosima en 1837 (épouse de Hans von Bülow puis de Richard Wagner) et Daniel en 1839. Fin 1839 : le couple se sépare.

Novembre 1839 : début d’une carrière de virtuose à Vienne. Pendant huit ans, il sillonne l’Europe, du Portugal à la Russie et Constantinople et remporte un succès international. En 1842 il est nommé Maître de chapelle extraordinaire à la cour de Weimar, monte et dirige ainsi d'innombrables ouvrages de ses contemporains, notamment ceux de Wagner qu'il aidera beaucoup, et écrit la majorité de ses oeuvres les plus célèbres

1845 : Liszt reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur. En 1847 il fait la connaissance à Kiev de sa seconde compagne, la princesse Carolyn Sayn Wittgenstein, qui le suit à Weimar.

Septembre 1847 : il donne à Elisabethgrad le dernier concert de sa carrière de virtuose itinérant.

Les années à Weimar : entre la composition et la direction d’orchestre

Liszt passe treize années à Weimar. Il y développe une intense activité artistique, et approfondie le genre du poème symphonique. Il en compose douze entre 1849 et 1859, et aussi deux Concertos pour piano, Sonate en si, Faust Symphonie, Messe de Gran, Psaume XIII, Dante Symphonie.

Par ailleurs, il mène une carrière de chef d’orchestre en dirigeant vingt-cinq œuvres lyriques et symphoniques, dontTannhäuser ouLohengrin de Wagner, Manfred Schumann, Benvenuto Cellini de Berlioz.

6 mai – 8 juin 1861 : séjourne une nouvelle fois à Paris. Après avoir été promu au rang d’officier de la Légion d’Honneur en 1860, Napoléon III le nomme Commandeur le 29 mai 1861.

Les années de vieillesse: entre la quête mystique et les voyages

Août 1861 : quitte Weimar pour Rome où il espère devenir le compositeur religieux officiel du Vatican. Il compose ses œuvres religieuses les plus marquantes : Missa Chorelis , Légende de Sainte-Elisabeth, l’oratorio Christus, Messe du Couronnement et ses 2 Légendes pour piano.

25 avril et 30 juillet 1865 : il prend la tonsure et reçoit ensuite les quatre ordres mineurs, devenant l’abbé Liszt.

1869 -71 Le grand voyageur reprend la route, partagé entre Rome (lieu de méditation mystique), Weimar où il redevient compositeur et chef d'orchestre au service des autres et Budapest où il est nommé Conseiller royal et Président de l’Académie de musique de Hongrie nouvellement fondée.

Nouveaux chefs d'œuvres : Jeux d'eau à la villa d'Este , 3eme Année de pèlerinage , dernières pièces pour piano qui annoncent Schönberg ou Debussy : Gondole lugubre ou Bagatelle sans tonalité.

1886 : derniers séjours à Paris qui lui fait un accueil triomphal.

31 juillet 1886 : En se rendant à Bayreuth, il prend froid et meurt peu après son arrivée d’une congestion pulmonaire. Il y est enterré le 3 août 1886.

*

Jean-Yves Clément

Editeur délégué et directeur de collection au cherche midi , Jean-Yves Clément est nommé directeur artistique des Fêtes Romantiques de Nohant en 1995, puis des Rencontres Internationales Frédéric Chopin , fondées en 1997 (deux festivals réunis en 2010 sous l’appellation Festival de Nohant ). Dans ce cadre, il crée en 1997 lePrix Pelléas qui récompense « l’ouvrage aux plus belles qualités littéraires consacré à la musique ».

En 2000, il crée les Romantiques d’Ars , manifestation pluridisciplinaire qui se déroule au Château d’Ars, proche de Nohant, jusqu’en 2002.

En 2002, il crée les Lisztomanias de Châteauroux, Rencontres Internationales Franz Liszt .

Jean-Yves Clément est directeur artistique du festival Chartres en plein chant (2004 et 2005), et conseiller littéraire des Futurs de l’écrit de l’Abbaye de Noirlac (2007).

Conférencier, présentateur de concerts, créateur de spectacles pyrotechniques, littéraires et musicaux, animateur sur une antenne deRadio France de 1996 à 2008, il est en outre directeur littéraire des Journées Nationales du Livre et du Vin qui se déroulent chaque année à Saumur depuis 1996 et qui décernent plusieurs prix littéraires distinguant des ouvrages « louant les charmes de l’hédonisme à le française ».

Jean-Yves Clément est l’auteur de deux recueils d'aphorismes, Propos-Exutoires et De l’aube à midi ( cherche midi) .

Son recueil Variations Chopin, Quarante-huit Préludes , a paru en 2005 (Lancosme éditeur), suivi en 2008 de 111 Notes d’amour (cherche midi).

Sont parus en 2010 un essai biographique, Les deux âmes de Frédéric Chopin (Presses de la Renaissance), et Nuits de l’âme, recueil de poèmes d’après les 21 Nocturnes de Frédéric Chopin (cherche midi).

Un essai biographique sur Liszt, Franz Liszt ou La dispersion magnifique est paru en janvier 2011 (Actes Sud).

Certains de ses aphorismes ont été mis en musique par le compositeur Pierre Thilloy dans Mysterium Conjunctionis pour sept intruments et mezzo-soprano (2005).

Le peintre Jean-Marc Brunet a illustré quelques unes de ses Variations Chopin .

Jean-Yves Clément a reçu le prix « Doha Capitale Culturelle arabe » en novembre 2010.

__ Il a été nommé par le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand Commissaire Général de l’Année Liszt en France (2011).

photo :

Franz Liszt en 1858 par Franz Hanfstaengl

Les liens

L'Année Liszt 2011 en France  Sur le site, toutes les manifestations de cette célébration nationale, et aussi le passeport de Franz Liszt que l'on peut feuilleter...

Festival Senliszt 4, 5 & 6 novembre à Senlis

Plaisirs d'amour par Frédéric Lodéonsur France Musique, le samedi de 14h à 16h

Les Grands Concerts de Radio France 2011 - 2012 présentés par Frédéric Lodéonsur France Inter, le dimanche de 21h à 22h

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.