Centième anniversaire de la naissance de Jean Françaix, compositeur

(23 mai 1912 - 25 septembre 1997).

programmation musicale :

d'après Francis Poulenc / Jean Françaix : Musique pour faire plaisir : "L'embarquement pour Cythère, grande valse démocratique"

Bläser Ensemble Mainz, ensemble à vent

WERGO 60143-50 (cb 4010228614329)

Jean Françaix : La Promenade d'un musicologue éclectique (dédié à Emile Naoumoff) :

Hommage à Haendel

Alfonso Gomez, piano

EROL ER 200003 (cb 3 503502000037)

Jean Françaix : Scuola di Ballo : Finale d'après Boccherini

Ulster Orchestra

direction Thierry Fischer

HYPERION CDA 67323 (cb 034571173238)

Jean Françaix : Sérénade : Vif

Ulster Orchestra

direction Thierry Fischer

HYPERION CDA 67323 (cb 034571173238)

Jean Françaix : "Si Versailles m'était conté", fresque musicale tirée du film de Sacha Guitry :

Le Hameau

Orchestre de la Société des Concerts Colonne

direction : Georges Tzipine

EMI CLASSICS CDM 764 6882

Jean Françaix : Concerto pour clarinette : Andantino (extrait)

Shirley Brill, clarinette

Orchestre de la Radio Nationale de Roumanie

direction : Adrian Morar

APARTE AP 024 (cb 3149028006124)

Jean Françaix : Concerto pour 2 pianos : Allegro (extrait)

Jean et Claude Françaix, pianos

Sinonieorchester des Sudwestfunks, Baden Baden

direction : Pierre Stoll

WERGO 6087-2 286 087-2

Jean Françaix : L'Apocalypse selon Saint-Jean, oratorio fantastique : Vision du trône de Dieu

Jeunesse-Chor Linz; Göttinger Symphonie Orchester

direction : Christian Simonis

WERGO 286 632 2 WER 6632-2

Jean Françaix : Les bosquets de Cythère, suite de valses : La belle damnée de chez Maxim's

Ulster Orchestra

direction : Thierry Fischer

HYPERION CDA 67384 (cb 0 34571173849)

Jean Françaix : Dixtuor pour quintette à vent et quintette à cordes : Scherzando (extrait)

Octuor de France

direction : Jean Françaix

EROL ER 96004 (cb 3503509600407)

Francis Poulenc / orchestration Jean Françaix : Babar : "Après le mariage de Babar et Céleste"

Peter Ustinov, récitant

Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire

direction : Georges Prêtre

EMI CDM 7 63157-2 (cb 077776315720)

Jean Françaix : Symphonie en sol Majeur : Allegretto

Ulster Orchestra

direction : Thierry Fischer

HYPERION CDA 67323 (cb 034571173288)

Jean Françaix : 5 Portraits de jeunes filles : La tendre

Alfonso Gomez, piano

EROL ER 200003 (cb 3 503502000037)

Jean Françaix : Suite tirée de son opéra La Princesse de Clèves : Final

Lajos Lencsés, hautbois

Orchestre Symphonique de la Radio de Stuttgart

direction : Patrick Strub

CAPRICCIO 67064 (cb 4006408670643)

Quelques mois avant sa naissance, sa mère chantait à son intention Bach, Haendel, Mozart, Schubert, Schumann, Fauré, Debussy, Chabrier, Ravel. A dix-huit mois, Jean Françaix invente sa première mélodie. Ses parents reçoivent dans leur salon interprètes et compositeurs. Le grand-père maternel, Paul Provost joue du violoncelle, et son épouse est une très bonne pianiste. Le petit Jean arrive dans un environnement de rêve. A l’âge de huit ans, il écrit : « Mon papa s’appelle Alfred Françaix : il a quarante ans. Ma maman s’appelle Jeanne Provost : elle a trente-cinq ans. Mon papa est professeur de piano, ma maman est aussi un professeur de chant, je me nomme Jean Françaix. Le matin j’étudie mon piano, deux heures et demi. L’après-midi, je fais mes devoirs avec ma mère-grand. Ma mémé, mon grand-père, ils sont rentiers maintenant. Non, je n’ai ni frère, ni sœur mais j’ai une petite cousine qui s’appelle Jacqueline avec laquelle je me marierai quand je serai grand mais il faudra que je gagne ma vie alors je me mettrai compositeur ».

La précocité de l’enfant alerte la grande Nadia Boulanger, professeur émérite. Au bout de deux mois, elle dit à sa mère : « Madame, je ne sais pas pourquoi nous perdons du temps à lui faire travailler l’harmonie, il sait l’harmonie. Je ne sais pas comment il la sait, il est né la sachant. Faisons du contrepoint ».

Sa première œuvre publiée s’intitule sans surprise Pour Jacqueline . En 1923, Maurice Ravel l’encourage à continuer et écrit notamment : « Parmi les dons de cet enfant, je remarque surtout le plus fécond que puisse posséder un artiste, celui de la curiosité ». A dix-huit ans, il reçoit un premier prix de piano premier nommé au Conservatoire National Supérieur de Paris. Deux ans plus tard, ses Huit bagatelles remportent un triomphe au Festival International de Vienne, où il représente la jeune école française. En 1932, son Concertino pour piano et orchestre rencontre un grand succès. Beaucoup d’autres suivront et ses compositions seront dirigées par les plus grands chefs : Paul Paray, Charles Munch, Hermann Scherchen, Pierre Monteux, Eugene Ormandy, Manuel Rosenthal, Herbert von Karajan, Antal Dorati, Pierre Dervaux, Seiji Ozawa, Georges Prêtre…

Pour les Ballets Russes, il compose en 1933 Beach et Schuola di ballo . La danse lui inspirera en tout seize partitions destinées à Serge Lifar, Roland Petit, Georges Balanchine, données entre autres à Monte-Carlo, Paris ou New York. Son œuvre majeure, L’Apocalypse selon Saint-Jean pour soli, chœurs et orchestre, crée par Charles Munch, a été reprise à Berlin, Londres et en Italie.

En 1999, soixante ans après la date de sa composition, cette fresque musicale impressionnante sera donnée dans la cathédrale du Mans, inspiratrice de l’œuvre.

Jean Françaix a composé cinq opéras et opéras-comiques. Le diable boiteux a été entièrement bissé au Carnegie Hall de New York lors de sa représentation en 1950. Dans le domaine de la musique de chambre, Françaix s’est montré infatigable comme pianiste (il a par exemple effectué de nombreuses tournées avec le violoncelliste Maurice Gendron), et bien sûr comme compositeur avec plus de cinquante pièces, du duo au dixtuor. Nombre d’entre elles font aujourd’hui partie du répertoire international. Excellent chef, il a aussi écrit de très belles pages pour orchestre, Sérénade , La douce France , Symphonie en sol , Thème et variations , La ville mystérieuse d’après Jules Verne. Il faut ajouter une quarantaine de concertos pour presque tous les instruments, et même pour accordéon. Mais sa plus grande notoriété en France, il la doit probablement aux musiques de films écrites pour Sacha Guitry : Si Versailles m’était conté , Napoléon , Les perles de la Couronne

L’histoire retiendra de ce compositeur aux multiples talents son élégance, sa volonté de faire plaisir hors de toute chapelle, de tout dogme, ses dons éclatants employés généreusement, et une certaine idée de la musique de son pays qui le place dans la glorieuse lignée d’Emmanuel Chabrier, Claude Debussy et Maurice Ravel.

Frédéric Lodéon, in Le Livre des Commémorations Nationales 2012 .

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Jean Françaix compositeur (1912 - 1997)

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