Mstislav Rostropovitch, violoncelliste et chef d'orchestre
Mstislav Rostropovitch, violoncelliste et chef d'orchestre © Emi Classics / Jillian Edelstein

Hommage à

Mstislav Rostropovitch

qui nous a quittés

le 27 avril 2007.

programmation musicale :

Jean-Sébastien Bach : 3ème Suite pour violoncelle seul BWV 1009 : Bourrée (extrait)

Mstislav Rostropovitch, violoncelle

EMI CLASSICS 7243 5 55365 2 6 (d'un double CD ref 555363) p c 1995

titre du double CD : Mstislav Rostropovitch - Cello Suiten

David Popper : La Danse des elfes

Mstislav Rostropovitch, violoncelle; Alexandre Dedyukhin, piano

EMI CLASSICS 7243 5 72017 2 8 (d'un coffret 12 CD + bonus ref 7243 5 72016 2 9)

titre du coffret : Rostropovitch - The Russian Years 1950 - 1974

Sergei Prokofiev : Symphonie concertante pour violoncelle et orchestre : Finale (extrait)

Mstislav Rostropovitch, violoncelle

Orchestre Symphonique d'Etat d'URSS

direction : Gennadi Rozhdestvensky

EMI CLASSICS 7243 5 72019 2 6 (d'un coffret 12 CD + bonus ref 7243 5 72016 2 9)

titre du coffret : Rostropovitch - The Russian Years 1950 - 1974

Dmitri Chostakovitch : Sonate pour violoncelle et piano : Allegro

Mstislav Rostropovitch, violoncelle; Dmitri Chostakovitch, piano

EMI CLASSICS 7243 5 72026 2 6 (d'un coffret 12 CD + bonus ref 7243 5 72016 2 9)

titre du coffret : Rostropovitch - The Russian Years 1950 - 1974

Alexandre Glazounov : Le Chant du ménestrel

Mstislav Rostropovitch, violoncelle

Boston Symphony Orchestra

direction : Seiji Ozawa

DEUTSCHE GRAMMOPHON 00289 477 6581 (d'un coffret 8 CD - cb 0 28947 76579 0) p 1976

titre du coffret : The Glory of Rostropovitch - 80th Birthday Tribute

Frédéric Chopin : Introduction et Polonaise brillante : Polonaise brillante

Martha Argerich, piano; Mstislav Rostropovitch, violoncelle

DEUTSCHE GRAMMOPHON 00289 477 6584 (d'un coffret 8 CD - cb 0 28947 76579 0) p 1981

titre du coffret : The Glory of Rostropovitch - 80th Birthday Tribute

Piotr Ilyitch Tchaïkovski : La Belle au bois dormant : Valse

Berliner Philharmoniker

direction : Mstislav Rostropovitch

DEUTSCHE GRAMMOPHON 00289 477 6586 (d'un coffret 8 CD - cb 0 28947 76579 0) p 1979

titre du coffret : The Glory of Rostropovitch - 80th Birthday Tribute

Sergei Prokofiev : Roméo et Juliette : Juliette enfant

National Symphony Orchestra, Washington

direction : Mstislav Rostropovitch

DEUTSCHE GRAMMOPHON 00289 477 6587 (d'un coffret 8 CD - cb 0 28947 76579 0) p 1983

titre du coffret : The Glory of Rostropovitch - 80th Birthday Tribute

Claude Debussy : Sonate pour violoncelle et piano : Finale - Animé

Mstislav Rostropovitch, violoncelle; Benjamin Britten, piano

DECCA 478 3580 (d'un coffret 5 CD ref 478 3577 - cb 0 28947 83577 6)

titre du coffret : Mstislav Rostropovitch - The Complete Decca Recordings

Benjamin Britten : Sonate pour violoncelle et piano : Moto perpetuo

Mstislav Rostropovitch, violoncelle; Benjamin Britten, piano

DECCA 478 3579 (d'un coffret 5 CD ref 478 3577 - cb 0 28947 83577 6)

titre du coffret : Mstislav Rostropovitch - The Complete Decca Recordings

Ludwig van Beethoven : 2ème sonate pour violoncelle et piano : Rondo - Allegro (extrait)

Mstislav Rostropovitch, violoncelle; Sviatoslav Richter, piano

DECCA 478 3582 (d'un coffret 5 CD ref 478 3577 - cb 0 28947 83577 6)

titre du coffret : Mstislav Rostropovitch - The Complete Decca Recordings

Johannes Brahms : 1ère symphonie : Finale (extrait)

Orchestre Philharmonique de Radio France

direction : Myung-Whun Chung

HORS COMMERCE - Enregistrement de concert Radio France, diffusion intégrale dimanche à 21h - Les grands concerts de Radio France

Paris, 6/V/2011

Frédéric Lodéon parle de Slava (archive écrite de France Musique)

Propos recueillis par Christian Wasselin.

Lors de la première édition du Concours de violoncelle Rostropovitch, qui eut lieu en 1977, Frédéric Lodéon reçut le premier grand prix. Il se souvient de celui dont il dit volontiers aujourd'hui : " Cet homme est une lumière dans ma vie".

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Mstislav Rostropovitch © Radio France / Christophe Abramowitz / Christophe Abramowitz
C'est en 1969 que j’ai vu pour la première fois Mstislav Rostropovitch, venu donner une masterclass. Quand j’ai joué devant lui le Concerto de Schumann, je m’attendais à recevoir les commentaires d’un chef de cosaques, or Rostropovitch, qui s’était mis au piano pour m’accompagner, m’a surtout donné des conseils poétiques en me conseillant de prendre le temps de passer du petit poussin au gros coq. Chaque fois qu'il est venu à Paris, par la suite, nous allions l'écouter, nous qui étudiions le violoncelle au Conservatoire et qui n’étions pas habitués à cette sonorité volumineuse mais aussi étrangement humaine : on avait l'impression, avec lui, non pas d'entendre un instrument mais d'avoir à faire à une personnalité qui nous livrait son cœur. Rostro avait une main gauche d'une liberté invraisemblable, il jouait comme les jazzmen, les doigts à plat, ce qui lui permettait d’obtenir une sonorité riche et charnue. Et puis, cette pique courbe posée en biais, et cette technique d'archet extravagante ! Navarra était un grand pédagogue, Tortelier un grand artiste, Gendron un esthète, mais tous disaient : «Il ne faut surtout pas faire comme lui.» Certains jaloux prétendaient qu’il jouait comme un moujik ivre. Un Suisse s’est même écrié un jour : «C’est illégal, la manière dont il joue !» Je comprends qu’un tempérament dyonisiaque comme le sien ait pu déplaire aux apolliniens.
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Mstislav Rostropovitch au Carrefour de Lodéon © Radio France / Christophe Abramowitz / Christophe Abramowitz
La mémoire et les mains Slava n’aimait pas son aspect physique. «Pourquoi m'as-tu fait un visage comme ça ? demandait-il à sa mère. – Parce que j'ai passé beaucoup de temps à faire tes mains.» Mais il savait tout faire mieux que les autres. Jeune homme, il avait vendu des lampes sur les marchés, ce qui lui avait donné une capacité manuelle étonnante et une intelligence concrète et abstraite hors du commun. Sa mémoire était phénoménale. Il pouvait jouer des centaines d'œuvres par cœur. Il lui a suffi de quatre jours pour apprendre le Premier Concerto de Chostakovitch, de quelques nuits pour jouer à merveille Tout un monde lointain de Dutilleux à Aix-en-Provence. Personne n’a abordé autant de partitions que lui avec autant d'envergure. Il était capable de jouer dans la même soirée trois concertos appris par cœur et, après une nuit passée à faire la fête, à les rejouer le lendemain presque en dormant ! Avec Casals, Rostropovitch a donné une notoriété mondiale à un instrument intransportable et en a fait un instrument désirable. Qui a joué avec plus d’élan et de virtuosité la Symphonie concertante de Prokofiev, les deux concertos de Chostakovitch, les Variations rococo de Tchaïkovski, en révélant la structure des œuvres, en élargissant toujours le propos, en dépassant le style des époques ? Aujourd’hui, qui va nous dire des choses sur Chostakovitch, qu'il a connu de près, qui va nous révéler que la chanson préférée de Staline, Souliko , est cachée dans la basse de telle partition ? Bien sûr, sa manière d'interpréter Bach était hautement contestable, mais quand il abordait le Prélude de la Quatrième Suite, on avait l'impression d'entendre un orgue. Et tout le monde se souvient de la Bourrée de la Troisième Suite qu'il a jouée au pied du Mur de Berlin réduit en morceaux.
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Mstislav Rostropovitch © Radio France / Christophe Abramowitz / Christophe Abramowitz
Ne jamais céder Dans son pays, l’URSS, il a joué dans des usines, sur des bateaux-mouches, etc. Un jour qu'il prenait le train, il s'est endormi dans un wagon glacé. En se réveillant, il était couvert de manteaux, d'écharpes, de bonnets : les voyageurs avaient pris soin de lui. De ce jour il a gardé une reconnaissance éternelle envers l'humanité. Mais il n'acceptait pas que les incompétents du gouvernement décident comment il fallait composer, qui pouvait sortir du pays, etc. En soutenant Sakharov et Soljenitsyne, il a utilisé sa liberté de parole à ses risques et périls. Un accident de voiture était vite arrivé ! Il faut se rappeler qu’un artiste comme David Oïstrakh dormait avec une valise sous son lit, car dans l'immeuble où il habitait tous les hommes avaient été enlevés par le KGB.Slava n’a n’a jamais voulu céder devant la fatigue ou la dictature. La faiblesse n'était pas son fort. Et quand il a finalement quitté l’URSS en 1974, il n’a emporté avec lui que ses deux violoncelles et son chien. A Paris, où il a été accueilli par de nombreux amis – notamment par Pierre Petit, qui lui a permis de s’installer au 135, boulevard Malesherbes, près de l’École normale de musique – il était seul et triste. Il a fallu que Seiji Ozawa l’emmène au Crazy Horse Saloon pour arriver à le dérider. Le mal du pays fut douloureusement vécu par Slava, comme par Rachmaninov. Car un Russe aime son pays. En même temps, il incarnait la joie de vivre, avec une vitalité explosive. Quelle fête terrible il a faite quand Brejnev est mort ! Et quand il est revenu en Russie, en compagnie de l’Orchestre National de Washington dont il était le directeur musical, son prénom a pris une dimension particulière : Mstislav signifie en effet «gloire vengée». A la fin de sa vie, il a voulu rendre ce qu'il avait reçu en payant des seringues par milliers pour vacciner les enfants. Il se disait de plus en plus «clown de Dieu» ou «soldat de la musique». Et je crois qu’il aimait pardonner quand c’était possible.

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Mstislav Rostropovitch sur le site de l'Académie des Beaux-Arts violoncelliste et chef d'orchestre, membre de l'Académie des Beaux-ArtsGrand officier de la Légion d'Honneur,Commandeur des Arts et des Lettres

Les Grands Concerts de Radio France 2011 - 2012 présentés par Frédéric Lodéonsur France Inter, le dimanche de 21h à 22h

Plaisirs d'amour par Frédéric Lodéonsur France Musique, le samedi de 14h à 16h

Orchestre Philharmonique de Radio France directeur musical : Myung-Whun Chung

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