Celle qui tient le flingue, c’est la Daronne, celui qui est visé, c’est un jeune voleur…

Une femme qui vérifie son maquillage
Une femme qui vérifie son maquillage © Getty / SochAnam

"A un moment, j’ai entendu des hurlements. Au travers du judas de ma porte, j’ai vu une bande de 4 Noirs ultra rapides et violents tomber sur les quelques invités présents pour leur arracher leurs sacs, n’hésitant pas à cogner les vieux et les femmes pour progresser jusqu’au trésor de madame Fo.

Dans un réflexe, j’ai pris mon arme, je suis sortie et j’ai pointé mon revolver sous la mâchoire du Noir le plus proche de moi, un gosse d’à peine 15 ans, qui me fixait de ses yeux affolés. Ca hurlait en chinois de partout. Je ne comprends pas cette langue, mais je savais qu’ils voulaient tous que je tire."

La Daronne, c’est Patience, 53 ans

La Daronne ne va pas tirer. Elle ne va pas tuer. La Daronne n’est pas une meurtrière, mais une grosse dealeuse de shit marocain. La Daronne, c’est Patience, 53 ans, traductrice judiciaire en arabe, qui va profiter des milliers d’heures d’écoutes que lui soumet la brigade des stups à traduire pour détourner une cargaison de 1 tonne 2 de résine… à 5000 euros le kilo, ça assurera largement le séjour en maison de retraite de sa mère, et des appartements pour ses filles; Vénale, Patience ? Oui, mais pas que…devenir la grossiste de réseaux de quartiers, ça la dépucèle d’une vie morne, triste, et grise, Patience…

"Je me suis beaucoup amusée à me travestir. J’ai opté pour une tenue de blédarde chic : fausses lunettes Chanel griffées noires et dorées, hijab imprimé léopard, khôl et tailleur pantalon avec tunique longue, bracelets dorés et montre à strass, ongles oranges et collants nylon brillants. J’étais méconnaissable. Une femme d’affaires maghrébine très respectable. Un vrai caméléon. J’ai demandé à un taxi de m’amener sur place et de m’attendre. A peine arrivée au Quick, j’ai immédiatement reconnu mes interlocuteurs. Un plaisir pour les yeux.

Porsche Cayenne aux vitres teintées encerclée d’emballages de fast food jetés par terre et garée sur une place handicapée, rap et climatisation à fond, les portières ouvertes – gros porcs avec collier de barbe filasse sans moustache, pantacourt, tongs de piscine, tee shirt Fly Emirates PSG flattant les bourrelets, et pour la touche accessoires chics de l’été : pochette Vuitton balançant sur gros bide et lunettes Tony Montana réfléchissantes. La totale."

Qu’elle écrive la misère de la justice ou la crétinerie des dealers, Hannelore Cayre, avocate et écrivain est toujours juste et souvent drôle…

"On ne m’enlèvera pas de l’esprit, même si mon ami flic m’affirme que je me trompe, que cette débauche de moyens, cet acharnement à vider à la petite cuillère la mer de shit qui inonde la France, est avant tout un outil de contrôle de la population, en ce qu’elle permet de vérifier l’identité des noirs et des arabes dix fois par jour."

La Daronne, d’Hannelore Cayre, est paru chez Métailié Noir

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.