Dans le roman de Mark Haskell Smith, celle qui tue, un peu par accident, c’est Harriett : celui qui meurt, c’est Curtis… Les femmes meurtrières, une série d'été par Frank Cognard.

Ceci n'est pas une histoire d'amour Mark Haskell Smith (détail de la couverture)
Ceci n'est pas une histoire d'amour Mark Haskell Smith (détail de la couverture) © Editions Payot et Rivages

Extrait :"Harriet empoigna le Mac Air, et l’envoya par la fenêtre, tel un frisbee. Son mouvement si soudain, associé au choc de voir son nouvel ordinateur battre des ailes en direction de la piscine, poussa Curtis à réagir instinctivement. Il se jeta en l’air comme un attardé mental, les bras tendus dans l’espoir de rattraper son ordinateur. Il rata l’appareil, mais parvint à trébucher sur l’une des chaises. Il perdit l’équilibre, se mit à vaciller, et à déraper vers la rambarde où, au terme d’un mouvement fort étrange, il fit au saut périlleux par-dessus l’armature en métal et tomba de trois étages, atterrissant sur le sol en béton du patio en émettant un bruit humide qui, pour une raison inexplicable, évoqua à Harriett un sac de viande de porc."

Curtis est donc mort, mais de son vivant, il était le nègre de Sepp, star de télé-réalité dont le meilleur rôle est d'exhiber ses abdos... Ensemble, ils ont commis un best-seller, ce qu’Harriett, critique littéraire élitiste, ne peut supporter. Et pourtant, comme les contraires s'attirent, Harriett et Sepp s'engagent dans un road trip déjanté, avec le cadavre de Curtis dans la voiture... "

Extrait :""Le truc, quand on est une célébrité, c’est que les gens se foutent de savoir ce que tu as fait pour devenir célèbre. Une fois que t’es célèbre, t’es célèbre. Tu tues quelqu’un, tu caches son corps dans le désert, ils ferment les yeux ». Ca ne rassurait pas Harriet : « Ce ne devrait pas se passer comme ça. Pourquoi les célébrités s’en tirent toujours ? Pourquoi pas le gens intelligents ? Pourquoi les américains se moquent-ils des gens intelligents ? Prends la France, par exemple. Les intellectuels sont valorisés. Les gens veulent écouter ce qu’ils ont à dire. C’est eux qui écrivent des livres et qui sont interviewés à la télé. Pas les héritières d’une chaîne d’hôtels ou la progéniture débile de célébrités ».

Entre Harriet, la pimbêche un peu snob et Sepp, dont l’intelligence se manifeste par le fait de savoir compter jusqu’à 500 pour sa ration quotidienne d’abdominaux, Mark Haskell Smith se fait un bon gros plaisir : celui de napalmer l’Amérique de la télé qui rend con... public, et participants mélangés.

Extrait :"Le docteur Jan ne voulait pas être méchante, mais si elle était objective et honnête, elle reconnaîtrait que la plupart des participants à une émission de télé-réalité avaient des quotients intellectuels inférieurs à la moyenne. Il s’agissait trop souvent de reines de beauté et d’athlètes écervelés. Une personne intelligente dotée d’un véritable sens critique ne s’abaisserait pas à commettre les idioties que les producteurs leur demandaient de commettre. Elle n’irait pas embrasser quelqu’un dans le jacuzzi avant de mentir à une personne qui n’avait rien raté de la scène. Les participants aux émissions de télé-réalité étaient choisis parce qu’ils étaient assez couillons pour laisser l’alcool, les sous-entendus et la désinformation gouverner leur perception du monde…"

Ceci n’est pas une histoire d’amour, de Mark Haskell Smith, est paru chez Rivages.

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