Celle qui va tuer s’appelle Jessie. Celui qui va mourir : Galan. Les femmes meurtrières, une série d'été de Cent-mille polars au soleil, par Frank Cognard.

Roman
Roman © Getty / Fito Pardo

Extrait : "Il entend un léger schlik, et avant qu’il puisse réagir elle lui a enfoncé la lame dans le ventre à deux mains. Jessie arrive à se hisser sur lui et lui donne un coup de tête dans la bouche, puis elle se libère dans un roulé-boulé, et s’enfuit.

Le souffle coupé, Galan se redresse. Le cran d’arrêt est enfoncé en lui jusqu’à la garde. Pantelant sous l’effort, suffoqué par la puanteur atroce, il s’évanouit sous la douleur horrible qui lui tord le ventre.

Il ne sait pas immédiatement ce qui le réveille. Un grognement. Près du tas d’ordures à droite. Il ne voit pas les chiens mais il sait qu’ils sont là. Le premier d’entre eux sort des ombres comme une apparition de cauchemar. Attiré par son sang dans l’air fétide."

Là où Galan finit déchiqueté, c’est une des énormes décharges au bord des bidonvilles de Mexico. C’est, écrit James Carlos Blake, une fosse incandescente où la ville jette ses tonnes quotidiennes d’ordures. Et tout autour, ça sent, poursuit-il les ordures, avec des pointes de charogne, de charbon de bois, de toilettes à ciel ouvert et de boue putride. C’est ce que sent Jessie, quelques heures avant de tuer Galan, alors qu’elle est l’une de ses prisonnières, enlevées contre rançon

Extrait : "Jessie incline la tête et observe la ruelle qui longe la maison, à la lueur malsaine des lampadaires. Des petits bâtiments en parpaings, collés les uns aux autres sont alignés dans une la rue jonchée d'ordures.

Il y a des quartiers délabrés comme celui-ci dans toutes les banlieues de la capitale, des quartiers résidentiels qui sont apparus à côté d’une usine ou d’une plate-forme logistique, offrant de bons emplois.

Jusqu’au jour où l’usine a fermé, la plate forme a été supprimée, et ensuite l’endroit est resté à dépérir, devenant un ghetto isolé. La police est peu présente, et une voiture de patrouille est un spectacle inhabituel.

A moins d’un meurtre, il y a peu de chance que les flics se déplacent, et cela peut prendre des heures. Dans ce genre de quartier, les gens vivent et meurent sans que ces événements ne soient enregistrés."

Mais Jessie n'est pas une prisonnière comme les autres, c'est une Wolfe. Et on ne touche pas impunément aux Wolfe. La Maison Wolfe, c’est une famille de trafiquants d’armes, d’avocats, de tueurs si nécessaires, bardés de diplômes et de vitrines légales. Jessie c'est donc une Wolfe, une vraie héritière de la lignée.

Extrait : "La douleur, ce n’est que la de la douleur, lui a dit une fois Tante Catalina. Si elle ne t’a pas tuée, elle ne t’a pas vaincue.

Jessie a écrit un livre sur Catalina. Elle avait acceptée d’être interviewée et de raconter l’histoire de sa vie, à condition que le livre ne soit pas publié avant sa mort. Cette condition, avait-on plaisanté dans la famille, risquait d’empêcher la publication du livre à tout jamais, car tante Catalina a 113 ans et est en meilleure santé que certains de ses parents pourtant deux fois plus jeunes."

► EN SAVOIR PLUS | La Maison Wolfe, de James Carlos Blake, est paru chez Rivages.

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