Le corps comme paysage érotique. La transition de genre comme voyage. Ces images sont celles du philosophe Paul B. Preciado pour raconter sa métamorphose, le passage de la frontière de femme à homme. Pour lui, la transidentité est une des choses les plus belles et joyeuses qu'il ait jamais faites dans sa vie.

Paul B. Preciado
Paul B. Preciado © Marie Rouge

Paul B. Preciado a traversé beaucoup de frontières dans sa vie. D'abord celle terrestre, de l'Espagne à la France, qui le plonge quotidiennement dans un univers multilingue, et ensuite celle de genre, de femme à homme. 

Après une thèse aux Etats-Unis, il commence à prendre de la testostérone pendant plusieurs années. Son objectif visant à défaire et contrôler le genre inscrit à l'intérieur de son corps se traduit en Testo Junkie : sexe, drogue et biopolitique, publié en France en 2008.

Je crois fortement qu’on est ni homme, ni femme, juste un corps vivant.

En 2015 "Beatriz" devient définitivement "Paul", en choisissant de s'identifier au genre masculin après avoir revendiqué de n'appartenir à aucun des deux genres. 

Le corps est vivant et vulnérable : à tout moment il peut tomber dans l'autre côté.

En novembre 2019, il est invité aux Journées internationales de l'Ecole de la Cause Freudienne, une des plus importantes institutions de psychanalystes lacaniens de France.  Son intervention déclenche un tel débat entre les experts qu'il décide de publier son texte dans son intégralité. 

Le livre s'intitule Je suis un monstre qui vous parle et il est sorti le 10 juin 2020 chez Grasset. À travers une vision métaphorique, Paul B. Preciado associe la migration géographique à celle sexuelle, en remettant en cause les frontières. 

Être vivant veut dire être à la frontière.

Depuis 2013 il rédige une chronique régulière sur le genre, la sexualité, l'amour et le bio-politique pour Libération

La lecture de Paul B. Preciado

"Vivre à la frontière ça veut dire que tu n’es ni latina, indienne, black, espagnole ni blanche, tu es métisse, mulâtre, sang-mêlée
prise dans le feu croisé des camps ennemis tandis que tu portes les cinq races sur ton dos ne sachant de quel côté te tourner, ni où aller. 

Quand tu vis à la frontière les gens marchent dans tes pas, le vent vole ta voix, tu es une bourrique, un bœuf, un bouc émissaire mais annonciatrice d’une nouvelle race, moitié-moitié —autant une femme qu’un homme et aucun des deux— d’un nouveau genre."

  • Gloria Anzaldúa - Vivre à la frontière

Le message de Paul B. Preciado

Rejoignez la révolution et soyez des monstres ! 

Appel à témoignages : cartes postales sonores 

Chacun sa route est à la recherche de témoignages de gens qui ont vécu un voyage particulier, une fugue, un faux départ, une évasion. Envoyez-nous vos récits ou vos idées à l'adresse : elodie.font@radiofrance.com

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