Née d'un père français et d'une mère vietnamienne, Line Papin a su transformer le déracinement de sa terre natale, le Vietnam, en inspiration littéraire. Avec Elodie Font, elle retrace sa route et ses premiers pas en tant qu'écrivaine.

Sur les routes du Vietnam
Sur les routes du Vietnam © Getty / nejc_bole_photography

Line Papin est une jeune écrivaine de 24 ans. Très jeune, pourtant pas inconnue du grand public. Son dernier roman, Les Os des filles, paru en avril 2019 aux éditions Stock est sélectionné au Prix des Lecteurs du Livre de poche, au Prix La Coupole et au Prix des Lycéens d'Île de France. 

Mais si elle est l'invitée d'Elodie Font pour Chacun sa route, c'est surtout pour son histoire faite de voyages et départs. Line Papin grandit au Vietnam et déménage en France à l'âge de dix ans. Les nombreux changements d'école ainsi que son fort attachement à sa terre natale lui laissent des traces indélébile. Une médecine universelle se présente alors à la porte de cette avide lectrice: la littérature

Je voulais absolument ramener ma petite tortue en France, je l’ai transportée dans une boîte à cookies...mais ça n'a pas marché. 

Un pied à Hanoï

Quand Line Papin quitte sa terre natale, elle quitte une partie d'elle-même. Un abandon géographique mais également psychologique, qui aura un fort impact sur son corps et son alimentation pendant plusieurs années. 

A 17 ans j'ai compris que je ne retournerai pas à Hanoï et que je ne retrouverai pas mon enfance. 

Les Os des filles, en mémoire d'une coutume funéraire vietnamienne, retrace la vie de trois femmes: sa grand-mère, sa mère et elle-même. Un voyage littéraire qui raconte le Vietnam d'antan, encore vif dans la mémoire de la jeune écrivaine. 

A Hanoï, tous mes sens s'éveillent. Il y a ces odeurs de moteurs et de nourriture dans la rue, qui restent dans la mémoire. 

Son premier roman, L'Eveil, est publié en 2016 et collectionne un accueil chaleureux de la presse ainsi que plusieurs prix. C'est la version aboutie d'un manuscrit qu'elle écrit alors qu'elle n'avait que 16 ans. 

La lecture de Line Papin

"Comme souvent depuis ma naissance, je suis à l’aéroport, entre deux continents, le pied droit sur l’un, le pied gauche sur l’autre. J’attends un vol et une énigme se dessine : celle d’une terre ronde que les avions contournent en laissant les gens derrière. Cette boule si compacte, ces vies si courtes, ces pays et ces mers, tout en est su, dit, et pourtant, la guerre éclate à l’intérieur. Les avions passent. J’attends, ce matin-là, assise dans un fauteuil, mon passeport à la main. Sur ce document, qu’ils ont tous autour de moi, les identités sont inscrites. Le calme est absolu, ici, les gens se tiennent, ils feuillettent un magazine, tapotent leur portable, sans se juger, contrairement aux passants des rues ou aux parleurs des cafés. Non, dans les aéroports nous sommes tous sur le départ, sur l’arrivée, entre le ciel et la terre, avec notre bout d’identité en main, susceptibles d’être recalés à tout moment, monsieur, la carte d’embarquement, passez par la machine, ça sonne, enlevez vos chaussures, c’est bon, allez-y… Et des conneries, Sky Priority, vous voyagez en business ou en économique, vous avez le passeport biométrique ? Puis les gens, les affolés, les détendus, les pressés, ceux qui s’endorment et ceux qui doublent la file… On est là, à poil – des humains, rien d’autre – sous l’autorité des avions. Enlevez la ceinture, ça sonne, attachez votre ceinture, ça décolle. On attend. Les annonces se font dans des haut-parleurs. Il est temps d’embarquer"

Extrait de Les Os des filles - Line Papin 

Le conseil de Line Papin

Avoir un objectif au bout de la route pour croire en son chemin. 

La vie sur les routes: le témoignage de Marc

Marc réalise un podcast sur le biomimétisme qui s'appelle Baleine sous Gravillon mais c'est sur un avion qu'il a vécu ce qu'il appelle "la trouille de ma vie". En 2003, il rencontre par hasard Ivan, pilote de brousse, qui l'amène dans les airs pour un voyage insolite: livrer un avion de l'Angleterre au Gabon. Marc se laisse tenter par cette aventure, qui se révèle être plutôt rocambolesque.   

Coup de fil à un voyageur: tour de France avec Marie Albert

Marcher contre le violences sexistes. Voilà la raison qu'a poussé Marie Albert, jeune journaliste, à parcourir 10 000 kilomètres à pied à travers l’Hexagone. 

Militante et voyageuse expérimentée, elle a commencé son #SurvivorTour de France à Dunkerque le 1er juillet. Ce n'est pas sa première aventure engagée: en 2018/2019 elle a dédié les derniers 700 kilomètres de sa marche vers Saint Jacques de Compostelle aux victimes de féminicides et en 2017 elle a fait un Tour de France de l'Occupation.

On fait quelques pas en sa compagnie en direct par téléphone!  

Appel à témoignages : cartes postales sonores

Chacun sa route est à la recherche de témoignages de gens qui ont vécu un voyage particulier, une fugue, un faux départ, une évasion. Envoyez-nous vos récits ou vos idées à l'adresse mail ici.

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