Entre souvenirs et déracinement, la romancière Nina Bouraoui retrace la route qui l'a amenée de l'Algérie à la France.

Nina Bouraoui
Nina Bouraoui © AFP / Hans Lucas

Nina Bouraoui est la fille d'un amour en pleine conflit. Son père, algérien, et sa mère, bretonne, se rencontrent alors que la guerre d'Algérie fait rage. 

Ses premiers quatorze années de vie s'écoulent doucement en Algérie, jusqu'à l'été 1981. Lors d'un séjour en Bretagne, sa famille prend une décision irrévocable : celle de ne plus retourner en Algérie.

Son déménagement à Paris marque à jamais le déracinement de sa terre natale. Un drame sans adieux qui restera gravé dans sa mémoire.

Je suis née une seconde fois en arrivant à Paris. Je suis devenue une autre, j’ai perdu mon accent algérien.

Sa jeunesse dans la capitale est une découverte personnelle et intime. Nina Bouraoui garde des souvenirs forts des premiers aveux de son homosexualité. 

Le Katmandou, discothèque parisienne des années '80, fait partie d’un voyage dans la nuit, pour incarner celle que je suis et rencontrer des femmes. 

Souvenirs du pays natal

Dans ses seize romans figurent les questions de genre, l'amour et l'homosexualité. Mais c'est toujours son enfance algérienne qui revient et alimente ses récits. 

Mon Algérie reste sensuelle et violente, une expérience de brutalité et esthétisme à tout jamais.

La route littéraire de Nina Bouraoui commence en 1991, quand elle envoie un manuscrit par la poste, sans recommandation. Son texte est remarqué chez Gallimard et devient La Voyeuse interdite, roman lauréat du prix Emmanuel Roblès et du Livre Inter. 

Son dernier roman Otages donne la parole à une femme de 53 ans qui casse le code de sa vie et se révolte, y compris contre la violence qui lui est faite en tant que femme.

La lecture de Nina Bouraoui

Déjà, aux portes d'Oran, la nature hausse le ton. Du côté de Canastel, ce sont d'immenses friches, couvertes de broussailles odorantes. Le soleil et le vent n'y parlent que de solitude. Au-dessus d'Oran, c'est la montagne de Santa Cruz, le plateau et les mille ravins qui y mènent. Des routes, jadis carrossables, s'accrochent au flanc des coteaux qui dominent la mer. Au mois de janvier, certaines sont couvertes de fleurs. Pâquerettes et boutons d'or en font des allées fastueuses, brodées de jaune et de blanc. De Santa Cruz, tout a été dit. mais si j'avais à en parler, j'oublierais les cortèges sacrés qui gravissent la dure colline, aux grandes fêtes, pour évoquer d'autres pèlerinages. Solitaires, ils cheminent dans la pierre rouge, s'élèvent au-dessus de la baie immobile, et viennent consacrer au dénuement une heure lumineuse et parfaite. 

Extrait d'Albert Camus, L'été

Albert Camus est le regard et la voix de l’Algérie que je ne connais plus. 

Le message de Nina Bouraoui

L'autre est un paysage à découvrir, à aimer. 

La vie sur les routes: le témoignage de Jacques

En apprenant que Nina Bouraoui venait à l'émission, Jacques a laissé un message sur le répondeur de France Inter (01.56.40.68.68). Il partage son aventure personnelle en Algérie, où il a vécu pendant deux ans. Entre pannes de voiture et réveils inattendus, Jacques découvre l'hospitalité locale et le café berbère. 

Appel à témoignages : cartes postales sonores 

Chacun sa route est à la recherche de témoignages de gens qui ont vécu un voyage particulier, une fugue, un faux départ, une évasion. Envoyez-nous vos récits ou vos idées à l'adresse: elodie.font@radiofrance.com

Réagissez, commentez et posez vos questions sur l'application de France Inter sur Twitter ou sur le compte Instagram de l'émission. 

Jeu-concours : gagnez un exemplaire du dernier roman de Nina Bouraoui

Envoyez-nous une carte postale sur le compte Instagram de l'émission. Après tirage au sort, l'un de vous gagnera le dernier livre de Nina Bouraoui! 

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