Près de 13 millions de kilomètres carrés soit 20 fois la surface de la France : telles sont les caractéristiques impressionnantes de la Sibérie, terre actuellement en proie à de violents incendies dues aux fortes chaleurs. Antoine Séjourné, spécialiste de la fonte du pergélisol, s'exprime au micro d'Elodie Font.

Feu dans les forêt de la République de Sakha au Nord-Est de la Sibérie
Feu dans les forêt de la République de Sakha au Nord-Est de la Sibérie © Getty

Maître de conférences à l'Université Saclay, Antoine Séjourné étudie les processus périglaciaires qui se déclinent en plusieurs axes, de la fonte du pergélisol (ou permafrost) en raison du changement climatique en Yakoutie Centrale (Sibérie Orientale) à l'analyse des vallées glaciaires en passant par des recherches sur le transport du carbone.

Cartographier, répertorier, analyser : voici les défis universitaires que relève Antoine Séjourné.

La Sibérie : un brasier à ciel ouvert

Eté 2019 : la Sibérie est ravagée par des incendies. Un an plus tard, les mêmes images incandescentes attaquent nos rétines. 

En effet depuis la fin du mois de juin, les flammes ravagent ce vaste territoire. Elles sont de plus en plus récurrentes en raison de températures sèches et chaudes qui augmentent chaque année. 

Les causes des incendies sont multiples et variées, souvent en lien avec l'exploitation humaine : usines, déforestations, récoltes agricoles, en plus du réchauffement climatique...

Qui de l'oeuf ou de la poule ?

Nous pourrions nous poser cette question : le réchauffement climatique génère le dégel du pergélisol qui à son tour émet du carbone et des particules polluantes.

La réaction semble interminable avec des causes à effets inextricables. Or, Antoine Séjouré insiste tout de même sur les enjeux du réchauffement climatique : si les températures ne cessent d'augmenter, le dégel du pergélisol et la fonte des glaces entraîneront de leur côté une hausse des émissions polluantes.

Des "feux zombies" au "réchauffement additionnel"

L'expression est apparue dans les médias pour qualifier des feux qui semblerait survivre une fois éteint : en somme des feux endormis qui se réveilleraient dès le moindre facteur. 

Antoine Séjourné reste prudent avec cette terminologie, et nous explique plutôt le "réchauffement additionnel". Les incendies libèrent du carbone qui engendrent un réchauffement supplémentaire. Le pergélisol dégage à son tour du carbone, le tout provoquant ce que le scientifique appelle dans le jargon une "rétroaction positive" en chaîne.

Les autorités paraissent impuissantes face à ces incendies : tantôt dépourvues de moyens face à ces grands espaces naturels, tantôt peu intéressées par le sujet...

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