Journaliste, écrivain mais aussi cycliste et bouclier humain, Nadir Dendoune a collectionné les périples autour du monde. Il nous amène de l'île Saint-Denis à Sydney en passant par l'Himalaya.

Nadir Dendoune et ses parents, Messaouda et Mohand
Nadir Dendoune et ses parents, Messaouda et Mohand © Jérome Bonnet

Il a trois passeport, mais il est toujours en quête de son identité. Fils de parents kabyles, il est un citoyen du monde qui se sent de la banlieue. A 47 ans, il a écrit plusieurs livres, réalisé un long-métrage et conquis le toit du monde. Il quitte souvent sa cité, sur l'Île Saint-Denis, mais il y revient toujours.

Les aventures de Nadir Dendoune commencent à l'âge de six ans. Sa mère, protagoniste de son documentaire Des figues en avril (2018), fait des petites économies pour l'envoyer deux fois par an en colonie de vacances dans les Alpes: c'est la découverte des montagnes. 

Aller-simple pour l'Australie 

A 20 ans, il décide partir et aller le plus loin possible. Destination: Australie.

Soit je partais, soit je mourais.  

C'est la début des années 1990 et les frenchies sont encore rares dans le Pays des kangourous. Nadir Dendoune n'est plus seulement un "banlieusard" mais aux yeux de la population locale devient une sorte de porte-parole de la culture française. 

En 2001, il part de Sydney pour faire un tour du monde à vélo jusqu'à Paris en passant par l'Inde pour la lutte contre le SIDA, engagé par la Croix Rouge. Sur le chemin, il croise même Yasser Arafat dans son bunker après une longue journée d'attente. Une aventure de plus dans le carnet de Nadir Dendoune, qui découvre ce jour-là que "tout est possible". 

Le plus dur, c'est partir.

Dans ce même esprit, il se lance un nouveau challenge sept ans plus tard: gravir la plus haute montagne du monde alors qu'il n'a aucune expérience en alpinisme. En trafiquant son CV, il réussit à intégrer une équipe anglo-saxonne qui ne tarde pas à comprendre qu'il n'y connaît rien : il est à peine capable d'enfiler un baudrier.

Je n'étais pas du sérail, je ne faisais pas partie du groupe, on m'a exclu. J'étais le « french tocard». J'ai menti sur mon CV parce que si je n'avais pas triché, je ne serais pas là.   

La condescendance de ses compagnons de cordée lui donne la rage et le pousser à se dépasser. Il devient le premier Maghrébin de l'histoire à atteindre le sommet de l'Everest. Il raconte cette ascension dans le livre Un tocard sur le toit du monde, sorti en 2010 aux édition JC Lattès. 

La lecture de Nadir Dendoune 

Un extrait de "Vingt ans de cordée", le livre co-écrit par Robert Paragot et son meilleur ami Lucien Bérardini, en 1974 : 

Ferlet nous a pris nos billets. Des allers simples. On se disait que ce n'était pas la peine de gaspiller l'argent. On peut mourir en montagne..., et pour le reste, comme toujours, on verrait bien... L'essentiel, c'était de partir. Ce n'était pas une expédition nationale, mais une expédition de copains, aussi fauchés qu'enthousiastes. Nous n'avions ni assurance ni billet de retour, un matériel minable et hétéroclite : caleçons longs de l'armée, des gants de laine de la même provenance, on récupère tout, là où on peut ! Pas de toubib. La seule chose que nous avions, mais celle-là nous l'avions bien, c'était notre orgueil et notre volonté - et une caisse de vitamine C.

Le message de Nadir Dendoune

Allez là où les gens ne vous attendent pas! 

Appel à témoignages : cartes postales sonores 

Chacun sa route est à la recherche de témoignages de gens qui ont vécu un voyage particulier, une fugue, un faux départ, une évasion. Envoyez-nous vos récits ou vos idées à l'adresse: elodie.font@radiofrance.comRéagissez, commentez et posez vos questions sur l'application de France Inter, sur Twitter ou sur le compte Instagram de l'émission.

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