Parmi les nombreux effets du réchauffement climatique et des impacts humains, les coraux deviennent un enjeu majeur de conservation et de préservation, comme l'explique Robert Calcagno, le directeur général de l'Institut océanographique de Monaco, au micro d'Elodie Font dans l'émission "Chacun sa route".

Robert Calcagno, le directeur général de l'Institut océanographique de Monaco le 16 juillet 2020 dans le Musée océanographique de Monaco.
Robert Calcagno, le directeur général de l'Institut océanographique de Monaco le 16 juillet 2020 dans le Musée océanographique de Monaco. © Maxppp / Picture alliance / Mandoga Media/Newscom

Au cœur des coraux et de l'océan avec Robert Calcagno

Ancien conseiller de S.A.S le Prince Albert II de Monaco puis ministre de l'Environnement et de l'Equipement de la Principauté de 2006 à 2009, Robert Calcagno est depuis 2009 le directeur de l'Institut océanographique - Fondation Albert Ier Prince de Monaco qui est constitué de deux sites : le Musée océanographique de Monaco et la Maison des Océans à Paris.

A la tête de l'Institut, il ouvre le musée à l'art contemporain en accueillant tour à tour Damien Hirst, Marc Quinn ou encore Huang Yong Ping afin de les faire dialoguer avec le domaine océanique.

Les coraux : des oasis de vie

En quelques chiffres, les coraux sont apparus sur terre il y a environ 550 millions d'années et constituent une famille de plus de 10 000 espèces se répartissant sur 0.2% de la surface océanique mondiale. 

Si on envisage leur disparition à la hauteur de 70 à 90% en raison du réchauffement climatique, quelques espaces offrent à voir leur extrême biodiversité comme la Grande Barrière de corail classée patrimoine mondiale de l'Unesco, la double barrière de Nouvelle-Calédonie, le Triangle de corail (Malaisie, Indonésie, Philippines). La France, quant à elle, possède des récifs en Atlantique avec la Guadeloupe et la Martinique ainsi que dans les océans Indien et Pacifique.

Les auteurs de l'ouvrage Corail. Un trésor à préserver (Institut océanographique / Glénat, 2020) explique les enjeux de conservation et de préservation liés à cette espèce fragilisée par le réchauffement climatique qui rend les océans plus chauds et acides, la pêche et les diverses pollutions marines. Elle évolue en effet dans les eaux chaudes et fournisse de véritables écosystèmes pour les algues, plantes et autres poissons qui s'y réfugient ou s'en nourrissent. 

Malgré leur rôle d'oasis ou d'architecte des océans qui contribue à la mise en place d'une économie circulaire sous-marine avec de fortes interactions et interdépendances entre les espèces, les coraux sont massivement victimes du blanchissement. Ce phénomène est engendré par l'augmentation de la température des eaux qui cause la disparition des algues recouvrant les coraux. Ils blanchissent alors et laissent apercevoir leur squelette. 

Protéger de manière pérenne les coraux revient donc à décarboniser notre société pour réduire les gaz à effet de serre. Ainsi, il sera envisageable d'étudier la structure des coraux pour des perspectives médicales, techniques ou encore artistiques. En effet, comme le soulignent Denis Allemand, Robert Calcagno et Bernard Fautrier, les hommes et les coraux ont un patrimoine génétique commun : des opportunités scientifiques à examiner donc de plus près pour des avancées en termes de santé par exemple ! 

  • Retrouvez la chronique de Barnabé Binctin au cours de l'émission
Coraux en Thaïlande
Coraux en Thaïlande © Getty / Education Images
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