L'écocide ou reconnaître des crimes perpétrés envers la nature est la notion défendue par la juriste en droit international Valérie Cabanes. Récemment, l'écocide a été porté par les débats de la Convention citoyenne pour l'environnement. Entre résurgence du terme et enjeux politiques, Valérie Cabanes s'engage et milite

Valérie Cabanes à "Notre affaire à tous" en 2019
Valérie Cabanes à "Notre affaire à tous" en 2019 © AFP / Daniel Pier / NurPhoto

Citoyenne et militante 

Depuis son enfance et son adolescence, Valérie Cabanes a la défense de l'environnement chevillée au corps. Déjà à 20 ans elle gère un projet au Burkina Faso avant de voyager au Pakistan ou encore en Ouganda. 

Entre ses différents périples, elle apprend, du droit principalement. Tantôt sur le terrain pour mener des projets internationaux à destination de la santé des plus démuni.e.s, tantôt sur les bancs de la faculté, elle débute une thèse d'anthropologie juridique qui la transporte une nouvelle fois sur les routes du monde. 

Près de 40 pays traversés et toujours cette volonté de préserver la biodiversité pour enrayer les inégalités sociales, économiques et culturelles, Valérie Cabanes s'engage également auprès des peuples autochtones en première ligne face au réchauffement climatique et à la destruction des écosystèmes. 

Ses engagements humanitaires l'amènent à mener plusieurs missions : conseillère des Nations Unies "Harmony with Nature", co-fondatrice de l'ONG "Notre affaire à Tous" à l'origine de l'Affaire du siècle, le mouvement "End Ecocide on Earth", la participation à la rédaction du projet de Déclaration universelle des droits de l'humanité remis à François Hollande.

Une nature en sursis

L'écocide n'a pas de définition particulière mais selon celle rédigée par la Convention citoyenne, elle s'articulerait en ces termes :

constitue un crime d’écocide toute action ayant causé un dommage écologique grave en participant au dépassement manifeste et non négligeable des limites planétaires, commise en connaissance des conséquences qui allaient en résulter et qui ne pouvaient être ignorées. (Politis, 1er juillet 2020)

A l'origine, l'écocide voit le jour en même temps que la notion de "génocide" en 1948. La destruction d'une population est corrélative à celle d'un environnement, comme c'est le cas pour certaines cultures autochtones menacées actuellement. 

Pour Valérie Cabanes, le droit est le pur reflet de notre conscience collective : lorsqu'un fait devient communément inacceptable, le droit doit s'emparer et être modifié pour exprimer le consensus. 

Dans le cadre de l'écocide, la juriste propose une révolution juridique qui permettrait de ne plus repenser la nature d'un point de vue anthropocentré mais plus respectueux des espèces vivantes. La révolution est juridique mais également philosophique : il faut admettre nos liens d'interdépendance avec le vivant et lui accorder des droits. Quelques pays ont déjà sauté le pas, tels que le Vietnam, la Russie et très récemment la Roumanie.

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  • Valérie CabanesJuriste, porte-parole du mouvement citoyen « End Ecocide on Earth »
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