Actrice, réalisatrice et Miss France 2000, elle revient sur la route de sa famille du Rwanda à la France, en passant par l'Ouganda et l'exil forcé.

Sonia Rolland dans son documentaire 'Femmes du Rwanda' (2018)
Sonia Rolland dans son documentaire 'Femmes du Rwanda' (2018) © Phare Ouest

Le voyage de l'invitée de Chacun sa route est un voyage inattendu, un voyage social qui commence dans les rues rwandaise en 1981. Fille d'un père français et d'une mère rwandaise, Sonia Rolland grandit dans un contexte social bourgeois. A partir de ses 8 ans, sa famille déménage au Burundi, où son père possède une énorme imprimerie et sa mère gère le café littéraire au centre culturel français de la capitale Kigali. 

Je sentais le danger à travers le regard de ma mère.

1994: le Rwanda est le théâtre du génocide de l’ethnie Tutsi. La famille de Sonia Rolland ressent la pression jusque de l'autre côté de la frontière et quitte le continent. Elle rejoint sa tante maternelle en France et commence une vie dans des conditions très modestes dans la petite ville de Cluny en Saône-et-Loire. 

C'est à ce moment qui commence un va-et-viens, géographique et culturel à la fois, entre ses deux maisons: la France et le Rwanda. Elle garde un lien fort avec le "pays des milles collines" à travers ses nombreux voyages mais aussi grâce à ses œuvres en tant que réalisatrice comme le documentaire Femmes du Rwanda (2018). 

Je me sens comme une grande voyageuse: je ferme les yeux et je suis au Rwanda.

A 18 ans, elle est en train de jouer au basket - elle se faisait appeler "Jordanette" - quand un journaliste lui conseille de s'inscrire aux pré-sélections de Miss Bourgogne. C'est la première étape d'un chemin glorieux qui l'amène à gagner d'abord le concours régional et ensuite Miss France 2000. Juste après son élection, elle profite de sa notoriété pour créer l'association Sonia Rolland pour les enfants, aujourd'hui appelée Maïsha Africa

Je resterai toujours un enfant malgré l'âge.

La lecture de Sonia Rolland

"Ma sœur est encore plus secrète que ma mère. A la voir tous les jours souriante on n'imaginerait pas qu'elle vit dans un pays ravagé par une dictature qui ressemble à un cyclone qui n'aurait pas quitté l'île pendant vingt ans. 

Elle me raconte sa vie quotidienne au travail où on la traite de snob parce qu'elle se fait un devoir d’acheter un roman dès qu'elle reçoit son salaire et qu'elle se met du parfum pour venir au bureau. Plus elle traite les gens avec respect, plus ils semblent remontés contre elle. Comme si elle leur rappelait cette chose précieuse perdue en chemin: le respect de soi. 

Ma sœur me regarde tranquillement sans me regarder. On dirait une petite fille oubliée par ses parents dans la forêt  noire et qui se demande combien de temps cela prendra avant qu'elle ne rejoigne la meute. 

De retour à la maison, elle trouve sa mère assise sur la galerie, silencieuse et triste. Ma mère qui fut si gaie. Evidemment, je m'occupe des dépenses de la vie courante, mais c'est ma soeur qui fait face au quotidien. C'est elle qui voit l'état de santé de ma mère se détériorer. C'est elle qui subit ses plongées: « J'ai peur qu'un jour je sois trop vidée moi-même pour aller la chercher au fond du puits. » Elle me regarde cette fois, et j'ai vu alors mes années d'absence sur son visage. Nous sommes restés un moment sans rien dire. Puis lentement un sourire se met à fleurir. Le nuage noir était passé."

Le message de Sonia Rolland

Vivre, tout simplement! 

La vie sur les routes: le témoignage de Joël

Joël Hardy est un photographe né aux Philippines et arrivé en France à l'âge de 12 ans. De sa naissance à ses 18 mois, il était à l'orphelinat. Pendant longtemps, une question le hante: "Qui sont mes vrais parents?". 

En 2018, il décide de chercher une réponse à cette question: il prend un billet d'avion pour Manille et se rend dans son ancien orphelinat. Là-bas, une surprise l'attend...

4 min

La vie sur les routes: le témoignage de Joël

Par Elodie Font

Appel à témoignages : cartes postales sonores 

Chacun sa route est à la recherche de témoignages de gens qui ont vécu un voyage particulier, une fugue, un faux départ, une évasion. Envoyez-nous vos récits ou vos idées à l'adresse: elodie.font@radiofrance.com

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