Pourquoi faire le marathon de Paris ou de New York quand on peut se lancer dans les 42 km de Pyongyang? L'écrivain Jacky Schwartzmann raconte à Elodie Font comment il a traîné ses baskets dans une des dernières dictatures communistes du monde : un "pays figé dans le présent" selon la spécialiste Juliette Morillot.

Portrait de Jacky Schwartzmann lors de la présentation de son roman « Pension complète », a la librairie La Tache Noire à Strasbourg.
Portrait de Jacky Schwartzmann lors de la présentation de son roman « Pension complète », a la librairie La Tache Noire à Strasbourg. © AFP / David Betzinger / Hans Lucas

Pyongyang 1071 : une capitale inaccessible et un numéro de dossard. C'est aussi le titre du récit de Jacky Schwartzmann.

Son livre, sorti en 2019, n'est pas un récit touristique ou une analyse politique de la Corée du Nord. C'est le regard d'un coureur amateur sur un pays qui ne fait pas vraiment la une des journaux en matière de tourisme.

Je marchais dans la rue - ce qui est interdit - et les gens me regardaient tellement mal que j'ai eu peur.   

Mais qui est cet écrivain sportif qui s'aventure jusqu'en Corée du Nord pour parcourir 42 kilomètres? 

D'un régime communiste à l'autre

Auteur de romans policiers et de bandes dessinées, Jacky Schwartzmann a enchaîné les expériences professionnelles : tour à tour serveur au Luxembourg, libraire ou encore assistant logistique pour la multinationale Alstom, avant de pouvoir se consacrer totalement à l'écriture. 

A 15 ans j’hésitais entre écrivain ou peintre mais j'ai vite fait un constat : je dessinais très mal. 

Lorsqu'il arrête de fumer, pour pallier le manque de nicotine, il commence à faire du jogging. En quête d'une course originale, il s'inscrit au marathon de Pyongyang et se rend sur place en toute discrétion. 

C'est un pays complètement figé. Des avenues immenses et vides, c'est une ambiance comme The walking dead.

Ce n'est pas la première fois que ce curieux lyonnais s’intéresse aux dictatures communistes. En 1989, il passe un été en URSS pendant ses 17 ans et quelques années plus tard un échange scolaire en Roumanie : c'est le coup de foudre. Il y retourne à plusieurs reprises, notamment pour un écrire un polar à quatre mains avec l'auteur roumain Lucian-Dragos Bogdan : Le coffre (2019). 

Son dernier roman graphique Stop Work (Darfaud) est sorti en 2020. 

Le message de Jacky Schwartzmann 

Accroche-toi à ton slip! 

La lecture de Jacky Schwartzmann

Un extrait d'une chanson que l'auteur écoutait pendant son adolescence, Knokke-Le-Zoute-Tango de Jacques Brel:

Les soirs où je suis Espagnol

Petites fesses, grande bagnole

Elles passent toutes à la casserole

Quitte à pourchasser dans Hambourg

Des Carmencitas de faubourg

Qui nous reviennent de vérole

Je me les veux fraîches et joyeuses

Bonnes travailleuses sans parlotes

Mi-Andalouses, mi-anguleuses

De ces femelles qu'on gestapote

Parce qu'elles ne savent pas encore

Que Franco est tout à fait mort

Mais ce soir

Y a pas d'Espagnoles

Y a pas de casseroles

Y a pas d'doute

Non ce soir

Il pleut sur Knokke-le-Zoute

Ce soir comme tous les soirs

Je me rentre chez moi

Le cœur en déroute

Et la bite sous l'bras

Appel à témoignages : cartes postales sonores 

Chacun sa route est à la recherche de témoignages de gens qui ont vécu un voyage particulier, une fugue, un faux départ, une évasion. Envoyez-nous vos récits ou vos idées à l'adresse: elodie.font@radiofrance.com

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