Cette chanteuse brésilienne mélange le reggae avec les sonorités traditionnelles du Nordeste, la région dont ses parents sont originaires. De la jungle de son enfance au métro de Paris en passant par Rio, Flavia Coelho raconte ses voyages à Elodie Font.

Flavia Coelho
Flavia Coelho © Youri Lenquette

A tout juste quatorze ans, Flavia Coelho sèche l'école pour pour participer à un casting à deux heures de chez elle. Nous sommes dans les années 1990 et Flavia Coelho suit déjà son rêve : devenir chanteuse.

Ses parents sont originaires du Nordeste, une région au Nord-est du Brésil. C'est là qu'elle a passé une partie de son enfance, dans la jungle, avec sa mère qui habillait et maquillait des artistes de cabaret. Lorsque sa mère décède, elle a onze. Avec son père, elle retourne vivre à Rio où les émigrés du Nordeste, plus pauvres que les habitants de Rio, souffrent de discrimination.

On subissait ce racisme social tous les jours : ils mangent pas comme ceux qui viennent du sud, ils ont une grosse tête, ils ont un accent très fort, ils ne sentent pas bon... beaucoup de bêtises que j'ai entendues jusqu'à aujourd'hui.

Quatre fois par semaine, la jeune Flavia chante la nuit avec son premier groupe de samba traditionnelle. Au fur et à mesure la musique l'amène à voyager comme une vraie carioca du Nord au Sud du Brésil.

Son coup de foudre pour Paris 

Très attachée à son pays, Flavia Coelho ne tarde pourtant pas à le quitter pour tracer sa propre route musicale et fuir la violence. 

Destination : Paris. En 2002, elle débarque dans la capitale française : "un coup de foudre" pour la chanteuse. Elle n'a que 200 euros en poche mais elle se dit :

Si je dois faire de la musique, c'est ici que je vais en faire. 

Pendant quelques années elle chante dans la rue, dans le métro et dans un cabaret du 5ème arrondissement. Lassée de chanter les standards de la bossa nova, elle se démène pour sortir un premier album qui correspond à ses goûts musicaux, c'est Bossa Muffin (2011), un mélange de pop, de samba, de reggae, de forro, de bossa et de hip-hop.

Elle enchaîne les albums, les tournées et les nouvelles collaborations - comme le rappeur Gaël Faye dans la chanson Balade brésilienne. Son quatrième album DNA, sorti en 2019, est résolument plus politique que ses précédents albums. 

Quand on voit des amis subir des violences et même mourir à cause des bandits mais aussi des policiers, on garde ça en nous.

Elle sera en concert à l'Olympia de Paris le 15 octobre 2020

Il fallait que je parte du Brésil pour que je comprenne que mon ADN était partout. 

Voici toutes les dates de ses prochains concerts:

  • 31.07 Pau - L'été à Pau
  • 18.08 Sainte-Valière - Festival La Tempora
  • 21.08 Faverges - Parc Simon Berger
  • 27.08 Les Assions - Festival Loupoulo 
  • 29.08 Puget sur Argens - Le Mas des Escaravatiers 

La lecture de Flavia Coelho

Flavia Coelho a écrit ce texte spécialement pour Chacun sa route 

Cœur voyageur

Cœur curieux

Cœur affamé

Cœur désireux

Cœur heureux, cœur orgueilleux 

Cœur écœuré, cœur sans rancœur 

Cœur solitaire

Cœur qui s’en va

A la recherche de qui, de quoi

Cœur qui revient

Cœur comblé

Cœur perdu

Cœur retrouvé

Cœur fermé, à cœur ouvert

Cœur qui ne trouve le bonheur qu’ailleurs

Cœur qui voit, qui reste sans voix

Cœur marchand, cœur tranchant 

Cœur volant, cœur brûlant

Cœur serré, en accéléré 

Cœur 

La seule terre où aucun homme au monde n’a jamais marché

Le message de Flavia Coelho

N'ayez pas peur de découvrir ! 

La vie sur les routes: le témoignage de Maryam

On reste au Brésil avec Maryam, qui quitte la France pour Rio de Janeiro en 2013 (sans savoir parler portugais). En bonne gringa française, elle fait un footing dans un parc de la ville quand elle tombe devant un corps blessé.

Ses codes de secours se heurtent à la violence de la police et à la complicité des passants. Ce jour là, Maryam apprend que pour beaucoup de gens "un bon bandit est un bandit mort"

Appel à témoignages : cartes postales sonores 

Chacun sa route est à la recherche de témoignages de gens qui ont vécu un voyage particulier, une fugue, un faux départ, une évasion. Envoyez-nous vos récits ou vos idées à l'adresse: elodie.font@radiofrance.com

Réagissez, commentez et posez vos questions sur l'application de France Inter, sur Twitter ou sur le compte Instagram de l'émission.  

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