Le réalisateur français d'origine roumaine retrace la route de son exil, de la Roumanie de Ceausescu jusqu'à la vie parisienne.

Les histoires cachées derrière les pellicules de Radu Mihaileanu
Les histoires cachées derrière les pellicules de Radu Mihaileanu © Getty / Eric Fougere - Corbis / Contributeur

Radu Mihaileanu n'a pas besoin de présentations : ses films parlent à sa place. Train de vie marque son entrée sur la scène mondiale en 1998, Le Concert attire plus de deux millions de spectateurs en salle en 2009 et Va, vis et deviens (2005) est considéré comme un chef-d'oeuvre. 

Les histoires qu'il porte à l'écran depuis le début de sa carrière puisent souvent l'inspiration dans son propre voyage personnel. Il retrace la route de ses aventures jusqu'au point de départ : la Roumanie

L'exile forcé

Fils d'un dissident communiste anti-stalinien, Radu Mihaileanu décide partir en 1980. Il part en vacances chez ses grand-parents en Israël pendant deux semaines, mais ce n'est qu'un prétexte pour quitter définitivement la Roumanie sans risquer la prison. 

On se baladait beaucoup la nuit à Bucarest avec mes amis, c'était le seul endroit où on pouvait parler sans avoir peur des micros. 

De Tel-Aviv, il prend un avion pour la France, où il commence à étudier le cinéma à l'IDHEC tout en faisant des petits boulots. Son premier long métrage en tant que réalisateur sort en 1993 et le titre n'est pas anodin : _Trahir_. 

Jeune immigré à Paris, Radu Mihaileanu découvre ses merveilles en marchant la nuit. Mais son intégration dans la société française passe aussi par des moments difficiles :

Quelle est la frontière entre le verbe s'adapter et trahir ? Je me posais cette question-là parce que j'en avais marre d'avoir un accent, d'entendre parler de liberté par des gens qui n'en connaissent pas la valeur. 

Le film Va, vis et deviens (2005) résume parfait l'attrait de Radu Mihaileanu pour les thèmes de l'exil, de l'identité et de l'immigration, indissolublement liés à son passé. 

La lecture de Radu Mihaileanu

Un extrait de La beauté du monde de Michel Le Bris : 

Au début, je les criblais de questions. Et c'est quoi, cette plante ? Cette trace ? Et pourquoi as-tu posé un piège-là ? Ils ne répondaient pas. Ou alors, après un temps infini : "Tu parles trop." Trop ? Mais ils ne parlaient jamais, eux ! Ou seulement s'ils avaient quelque chose d’important à dire - à mots brefs, toujours. Chaque Indien est à l'écoute de la forêt, du vent, de la course des nuages, des bruits ténus de la vie animale, chaque son, chaque odeur lui parle. Mais pour cela, il faut accepter de faire silence en soi, de laisser venir à soi le monde... Nous, les Blancs, nous transportons notre monde avec nous. Nous parlons fort, comme des envahisseurs. Et la forêt, alors, se retire, avec ses mystères. 

Le message de Radu Mihaileanu

Vas, vis et deviens ! 

Appel à témoignages : cartes postales sonores

Chacun sa route est à la recherche de témoignages de gens qui ont vécu un voyage particulier, une fugue, un faux départ, une évasion. Envoyez-nous vos récits ou vos idées à l'adresse : elodie.font@radiofrance.com

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