Un invité vient partager les livres de son enfance, adolescence, âge adulte, et son livre de l'été ! Un portrait littéraire à travers les livres qui ont marqué sa vie...

Caroline Casadesus
Caroline Casadesus © Maxppp / Voix du Nord

La cantatrice de renom Caroline Casadesus est l'invité de "Chassé Croisé". La soprano participe au festival des Fêtes musicales de Corbigny en ce début du mois d'août. Caroline Casadesus... et les livres de sa vie :

Chapitre 1, l'enfance

Crin-blanc, de René Guillot (1959) : Écrivain de littérature jeunesse, René Guillot écrit l'histoire de Crin-Blanc d'après le film du même nom d'Albert Lamorisse (1952). En Camargue, Crin-Blanc est le chef d'un troupeau de chevaux de Camargue en liberté. Un jour, il se fait capturer par les hommes. Mais il réussit à s'échapper. De caractère intrinsèquement sauvage, il ne peut être apprivoisé que par Folco, un petit garçon partageant ce même trait de caractère. Une profonde amitié va alors naître entre les deux protagonistes.

Les livres de Beatrix Potter (1866-1943) : Née dans une famille de la grande bourgeoisie britannique, Helen Beatrix Potter se passionne pour le dessin naturaliste. Un jour elle invente une histoire autour d’un lapin, pour un petit garçon. C’est le début d’une création littéraire d'une vingtaine de livres pour enfants, dont les désormais célèbres Pierre Lapin, Jeannot Lapin et Tom Chaton.

Les Malheurs de Sophie, de Mme la Comtesse de Ségur (1858) : Après avoir subitement perdue sa maman, la petite Sophie est contrainte de vivre dans un château de la campagne française avec son horrible belle-mère Mme de Réan. Toute en contradiction, Sophie enchaîne les bêtises et les mésaventures avec la complicité de son cousin Paul, tout en cherchant à devenir une véritable petite fille modèle comme ses deux amies Camille et Madeleine de Fleurville.

Chapitre 2, l'adolescence

Mon amie Flicka, de Mary O'Hara (1941) : Roman pour enfant de l'écrivaine américaine. Une histoire d'amitié entre un petit garçon et une jeune pouliche.

LeJournal d’Anne Franck, d'Anne Franck (1947) : Journal intime tenu par Anne Franck, jeune juive allemande réfugiée aux Pays-Bas. Elle passe deux ans cachée à Amsterdam avec sa famille et quatre amis, au cours de l'occupation des Pays-Bas par l'Allemagne nazie. Elle relate les événements qui se passent de 1942 à 1944, la vie en clandestinité et y parle beaucoup d'elle-même. Son journal s'arrête subitement lorsque des officiers nazis découvrent la cachette et arrêtent toute la famille. Elle fut déporté dans le camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne et y mourra, atteinte du typhus.

Chapitre 3, l'âge adulte

La Comédie humaine, de Balzac (entre 1830 et 1856) : Ensemble de plus de 90 ouvrages — romans, nouvelles, contes et essais. Par cette oeuvre, Honoré de Balzac voulait faire une « histoire naturelle de la société », explorant de façon très réaliste tous les groupes sociaux et les rouages de la société. La Peau de chagrin (1831), Le Père Goriot (1834), Le Lys dans la vallée (1836), Splendeurs et misères des courtisanes (1838 à 1847)...

Tout Stefan Zweig (1881-1942) : Écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Stefan Zweig était ami avec Sigmund Freud et faisait partie de l'intelligentsia juive viennoise, avant que la montée du nazisme ne le force à quitter son pays. Il a notamment l'auteur de biographies de Marie-Antoinette (1932) et Marie Stuart (1935) et a rédigé des romans et des nouvelles comme La Confusion des sentiments (1927) et Le Joueur d'échecs (1943). Enfin, il est l'auteur d'une autobiographie Le Monde d'hier, souvenirs d'un Européen (1944), où il se fait le chroniqueur d'une époque stable et libre, l'« âge d'or » de l'Europe, qui va s’effondrer avec les deux guerres mondiales et la disparition des monarchies européennes, qu'il considérait être l'échec d'une civilisation.

Tout Arthur Schnitzler (1862-1931) : Écrivain et médecin juif autrichien, il est l'un des écrivains les plus importants de l'Autriche-Hongrie. Auteur de pièces de théâtre, de nouvelles et de romans. Il traite souvent de sujets sentimentaux et explore la complexité psychologique de ses personnages, se rapprochant ainsi de la psychanalyse de Freud. Son oeuvre a toutefois été très controversée pour sa description franche de la sexualité et son opposition à l'antisémitisme.

L'Insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera (1984) : Roman tchèque qui explore la vie artistique et intellectuelle à Prague pendant la période communiste. A mi-chemin entre le récit et l'essai, le roman apparaît comme un prétexte à une réflexion sur l'existence, l'âme, le corps, la beauté, la légèreté, la pensanteur et le kitsch.

Un barrage contre le Pacifique, de Marguerite Duras (1950) : En Indochine française, une veuve vit avec ses deux enfants en marge de la société coloniale, dans une plantation peu rentable, à a merci des maladies, de la cruauté des tigres et de la force des marées. Le roman raconte de la vie de ce qu'on a appelé "les petits blancs" par rapport aux "grands" : les riches planteurs et les membres de la bourgeoisie coloniale, commerçante ou financière.

La Douleur du dollar, de Zoé Valdès (1996) : A tout juste 16 ans,Cuca Martínez quitte sa ville natale de Santa Clara et débarque à la Havane pour travaille comme bonne. Elle vivra une histoire d'amour passionnée avec un certain Juan, avant que la Révolution cubaine (1953) ne s'immisce dans leur relation. Membre de la mafia locale, Juan quitte brusquement Cuba pour partir à New-York et laisse Cuca seule, avec un dollar, et enceinte.

Chapitre 4, le livre de l'été

L’Ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafón (2001) : Dans l'Espagne d'après-guerre Daniel Sempere rejoint la confrérie du Cimetière des Livres Oubliés, une immense et secrète bibliothèque renfermant des œuvres anciennes et oubliées et amoureusement protégées par ses membres. Comme chaque nouvel initié, Daniel Sempere doit prendre soin d'un livre et choisit "L'Ombre du Vent". Bien vite, Daniel devra faire face à un personnage énigmatique, Laïn Courbet qui cherche à s'emparer du livre pour le brûler.

L’Art de la joie, de Goliarda Sapienza (1998) : Roman majeur de la littérature italienne, autour de la figure de Modesta. L'héroïne transgresse les règles de la bienséance et de la morale, conteste la culture patriarcale, fasciste, oppressive et mafieuse, pour découvrir les plaisirs spirituels et charnels.

Le libraire

Anaïs Ballin de la librairie du Mucem à Marseille dans les Bouches-du-Rhône

  • le best-seller de sa librairie : La saison des apparencesnaissance des corps d'été, de Christophe Granger (éditons Anamosa – avril 2017). C'est l'histoire de l'été et des corps qui vont avec, allongés, dénudés, offerts au soleil. En France, elle se noue entre 1920 et 1960. Alors s'impose un répertoire proprement estival de gestes et de postures légitimes. Alors les édits changeants de la silhouette, le bronzage, l'horizontalité publique et le périmètre capricieux des dévoilements inventent, à échelle d'hommes et de femmes, de nouveaux savoir-faire et de nouvelles exclusions. Mais ce n'est pas tout. Dans la levée des accoutumances, les corps d'été ont des allures de civilisation suspendue. Ils font exister un pli annuel des rapports au monde, qui sacralise le retour à la simplicité, la variation des expériences et des identités. Cette morale des corps d'été est travaillée de jeux sociaux considérables. De résistances, aussi, et de liesses punitives, qui, oubliées depuis (ou presque), ont pourtant viscéralement tourmenté l'avènement de cette variation saisonnière des manières d'être. Il y a peu, la question du burkini a réactivé ces débats anciens, soulignant de nouveau les tiraillements sociaux qui entourent nos corps.
  • son coup de coeur : Ablutions, de Patrick deWitt (éditions Actes Sud – mars 2017). Depuis le comptoir d’un bar glauque de Los Angeles s’élève la voix de celui qui est payé pour déverser nuit après nuit des fleuves d’alcool dans les verres que tendent vers lui les habitués : pochards, camés, ratés, dealers et amateurs de combines dangereuses et illégales en tous genres. Présentés comme une série de notes pour un roman à venir que rédige un barman aussi allumé que ses clients, les chapitres se succèdent au rythme effréné auquel l’alcool et la cocaïne se consomment en ces lieux. Avec un sens de l’humour qui ne désarme jamais, Patrick deWitt croque ici une galerie de personnages cabossés, qui, plus que la marginalité, partagent avant tout le don de l’affabulation. Et, aussi monstrueux que paraissent ces oiseaux de nuit, c’est avec une tendresse certaine que son regard les fait surgir, par-delà leurs défaillances, dans leur humanité profonde.
Caroline Casadesus et Mathias Deguelle • Chassé/Croisé
Caroline Casadesus et Mathias Deguelle • Chassé/Croisé © Radio France / Marie Mougin

Caroline Casadesus sur le Journal d’Anne Franck : C’est une obligation de faire livre ce livre à tous les adolescents. C’est un devoir de mémoire.

La dédicace de Caroline Casadesus
La dédicace de Caroline Casadesus

En partenariat avec la Revue PAGE des libraires

Retrouvez le numéro de la rentrée chez votre libraire !
Retrouvez le numéro de la rentrée chez votre libraire !

Générique de l'émission : RATATAT "Countach" - Album Magnifique - Because Music - 2015 / compositeurs : Evan Mast - Mike Stroud

Programmation musicale :

  • Pas, Julien Gasc
  • Away Away, Ibeyi
  • I Can't Be Bothered, Hugh Coltman
Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.