Et c’est quoi la recette d’enfance qui vous fait chavirer de bonheur ? Le goût savoureux d’une recette de ma grand-mère, les supions à la sétoise !

Les recettes de ma grand mère
Les recettes de ma grand mère © Getty / Sofie Delauw

« Christophe, que vous inspire le sujet de ce mardi ? » Le goût savoureux d’une recette de ma grand-mère, les supions à la sétoise !

Je me souviens très bien de la cuisine méditerranéenne de ma grand-mère. Quand j’étais étudiant, tous les dimanches soir, elle me faisait des paquets pleins de pizzas et d’oreillettes, que j’accrochais au porte-bagage de ma mobylette pour regagner mes chambres d’étudiants à Toulouse. Je me souviens aussi de ses incroyables tomates farcies ! C’est fou, tout de même, les liens entre la cuisine et l’amour…

Les Charlots : Paulette, la reine des paupiettes

♫ « On a chanté les midinettes
On n'a pas chanté les paupiettes
Pourtant je connais place Wagram
Un hidalgo qui chante à sa femme
Le soir en rentrant de l'usine
Ce chant d'amour dans sa cuisine :
Paulette, Paulette,
Tu es la reine des paupiettes
Notre amour ne serait pas si beau
Si je n'aimais pas les paupiettes
Les paupiettes de veau
Paulette, Paulette
Tu es la reine des paupiettes. » ♪

Chez nous, pas de paupiettes ! Mais des supions à la sétoise ! Des petits calamars lentement mijotés dans une sauce à la tomate, avec olives, oignons, laurier et tout ça. C’était le chef d’œuvre de ma grand-mère. Après sa mort, c’est ma mère qui avait repris la recette et nous en régalait. Mais quand j’ai quitté Toulouse pour Paris, plus personne ne savait m’en faire. Alors j’ai demandé à ma mère de me rédiger la recette familiale de ma grand-mère, pour les faire savourer à mon tour à mes amis parisiens.

Nous recevons beaucoup de choses en héritage de notre famille. Certaines dont nous nous passerions (la tendance au spleen ou à la mauvaise humeur) mais d’autres délicieuses. Je ne parle même pas des objets, chargés d’histoire, mais des savoir-faire : avoir appris à bricoler avec son père, à jardiner avec ses grands-parents, à cuisiner avec sa mère ou sa grand-mère… Tout cela va donner ensuite beaucoup plus de sens aux moments où nous préparons nous-mêmes à manger pour nos proches. Quand je cuisine pour ma famille, le soir, je repense à mon père qui adorait ça. Et quand je fais des supions à la sétoise, je pense à ma grand-mère, je revois la feuille de papier sur laquelle la petite écriture de ma mère m’avait couché la recette, avec tous les petits conseils techniques. J’ai l’impression d’appartenir à toute une chaîne humaine, je me réjouis d’imaginer qu’un jour, mes filles feront elles aussi cette recette en pensant leur père, à leur grand-mère, leur arrière-grand-mère, et la feront découvrir à des amis chinois, congolais, patagons ou eskimos... Ça me met en joie, ces idées de transmission et de partage. Peut-être aussi que le petit verre de vin rouge qui m’accompagne, dans ce moment où je cuisine, participe à cette joie ? Et j’écoute aussi France Inter en cuisinant, pour tout vous dire de mes sources de bonheur ! Mais en tout cas, je me sens à ma place : je redonne après avoir reçu…

Et vous, Ali, c’est quoi la recette d’enfance qui vous fait chavirer de bonheur ?

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