Cette semaine j’ai vu une grand-mère qui regrettait le temps où elle était stressée par ses petits-enfants…

Grand-mère cuisinant avec ses petits-enfants
Grand-mère cuisinant avec ses petits-enfants © Getty / PeopleImages

Cette semaine, je bavardais avec une grand-mère à propos de ses petits enfants. Quand ils étaient tout petits, elle les voyait très souvent. Parce que leurs parents lui demandaient de les garder, pour une soirée, un week-end, des vacances. Et aussi parce que les petits-enfants demandaient très souvent à venir chez elle, où ils étaient très gâtés, bien sûr, comme on l’est chez ses grand-parents. Elle était épuisée quand ils repartaient, et mettait plusieurs jours à se remettre, mais dans le fond elle adorait ça. Elle avait même plusieurs fois fait des grands voyages avec eux…

Charles Trenet : Grand'maman, c'est New York

Grand'maman, c'est New York

Je vois les bateaux dans le port de New York.

Les mouettes me font bonjour

Dans le ciel je vois les jolies mouettes

Les mouettes me font bonjour

Et je sens en moi de longs frissons d'amour

_Sa grand'mère le calma
_

Avec un bout de chocolat

Mais l'enfant le cœur en fête

Criait à tue-tête :

Grand'maman c'est New York,

C'est New York je vois les bateaux-remorques

Grand'maman c'est New York !

Je vois les bateaux dans le port de New York.

Puis le temps a passé, bien sûr, comme dans toutes les histoires. Et la grand-mère a commencé à voir ses petits-enfants moins souvent. Ils étaient toujours contents de la retrouver, mais une fois adolescents, puis jeunes adultes, ils avaient envie de découvrir le monde et de faire leur vie, plutôt que de passer du temps avec mère-grand…

Et la grand-mère me racontait que ça lui avait fait de la peine, quand elle avait compris que son boulot de grand-mère, qui la fatiguait tant parfois, était en train de prendre fin. Elle me disait que ça lui rappelait un peu la période où ses propres enfants étaient partis de la maison, ce qu’on appelle le « syndrome du nid vide ». En plus triste, parce que quand vos enfants partent, vous pouvez espérer qu’un jour des petits enfants viendront. Mais lorsque ces derniers s’envolent, comment savoir si on sera encore là pour les arrière-petits enfants, me disait-elle.

Alors j’ai pensé au poème de Guillaume Apollinaire, inspiré par son séjour à la prison de la Santé, et où il écrit ceci : « Tu pleureras l’heure où tu pleures / Qui passera trop vitement / Comme passent toutes les heures »

Eh oui, si nous étions sages, nous ne nous agacerions jamais du temps, même stressant, même fatiguant, que nous passons avec nos enfants ou nos petits-enfants, parce que ce sont des instants de belle vie, que nous regretterons forcément. Et si nous étions sages, nous ne pleurerions jamais le passé, mais nous nous réjouirions simplement et joyeusement de l’avoir vécu.

Et vous, Ali, ça vous arrive d’avoir des regrets, des années après ?

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