Et vous, combien de temps passez-vous dans votre salle de bain, chaque matin ?

Malades, handicapés... comment gère-t-on le fait de ne plus pouvoir se laver tout seul ?
Malades, handicapés... comment gère-t-on le fait de ne plus pouvoir se laver tout seul ? © Getty / BSIP

« Christophe, que vous inspire le sujet de ce mardi ? »

Notre sujet me fait penser à l’hôpital, aux malades, à leur corps qu’ils ont parfois du mal à laver, et à l’aide qu’il faut alors leur apporter…

Quand on va bien, quand notre corps est valide, tout est simple et agréable. Nous bénéficions aujourd’hui de salles de bain qui sont un immense privilège par rapport à ce dont disposaient nos ancêtres, un immense privilège par rapport à ce qui est accessible à la majorité des terriens : un endroit propre, doté d’eau chaude et froide, où on peut s‘enfermer, se laver, se regarder dans un miroir… Nous sommes des veinards…

Charlélie Couture chante Envie de l’eau

♫ « La fenêtre est grande ouverte, devant les volets tirés, je cherche un endroit de grande fraîcheur, en attendant la nuit
On se passe sous la douche
Puis à poil devant la glace
On s’trouve soudain beau
Avec les cheveux mouillés, collés
Enfin bref, on s’est faut un bon xxx
Mais à bonne température
Comme les sorciers civilisés…
Quand il fait chaud il fait chaud
On a envie de l’eau, vie de l’eau… » ♪

Mais ça ne se passe pas comme ça quand on est malade, accidenté, handicapé, quand on ne peut même plus se lever et s’occuper de son corps.

On est dans un lit d’hôpital, et on doit renoncer à ces moments de soin de soi, à son intimité

C’est très difficile de tout accepter en même temps : accepter de laisser regarder et toucher son corps nu, accepter d’être incapable de s’en occuper, accepter de lâcher prise et de se faire laver, des pieds à la tête… C’est une sacrée expérience que font alors les personnes malades, soudainement privées de l’autonomie et de l’intimité de la salle de bains.

Cette expérience peut être un cauchemar, si les soignants ne sont pas à la hauteur. Si les aides-soignantes et aides-soignants (puisque ce sont elles et eux qui se chargent de la toilette des patients durablement ou transitoirement invalides) ne respectent pas cet état de fragilité totale de la personne, si on garde la porte de la chambre grande ouverte pendant la toilette, si on laisse le corps nu inutilement découvert, si n’importe qui peut entrer et sortir à ce moment, alors il faut appeler les choses par leur nom : c’est de la maltraitance, et de l’abus de pouvoir.

Si les soignants sont attentifs, c'est une expérience émouvante

Par contre, si les soignants sont respectueux, attentifs à respecter la pudeur du patient, s’ils dialoguent avec lui, alors cette expérience est émouvante et réconfortante sur la confiance que l’on peut accorder au genre humain. Et voir des soignants laver avec douceur et gentillesse le corps d’une personne en état de faiblesse est alors une image de ce que l’humanité a de meilleur.

Et vous, cher Ali, toujours si élégant et propre sur vous, combien de temps passez-vous dans votre salle de bain, chaque matin ?

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