Et vous, vous êtes sensible au retour du printemps ?

Le retour du printemps
Le retour du printemps © Getty / Marcos del Mazo

« Christophe, que vous inspire le sujet de ce mardi ? »

Notre sujet d’aujourd’hui, l’hypersensibilité m’a fait penser au printemps…

Tout a commencé vendredi dernier, avec le mail d’un ami photographe, qui m’envoyait, ainsi qu’à tout notre petit groupe de copains, de belles images de nature au printemps. Et il accompagnait son message de ces mots « On a un printemps magnifique cette année ».

Mais non, mon vieux, ce n’est pas vrai ! On n’a pas un printemps magnifique cette année ! Le printemps, c’est tous les ans qu’il est magnifique ! Et depuis des millénaires, il inspire les plus grands poètes…

Claude François : Le printemps qui chante

http://www.ina.fr/video/I00010598

♫ « Viens à la maison y'a le printemps qui chante

Viens à la maison tous les oiseaux t'attendent
Les pommiers sont en fleurs, ils berceront ton cœur
Toi qui es tout en pleurs, ne reste pas dans la ville
Viens à la maison y'a le printemps qui chante
Viens à la maison tous les oiseaux t'attendent
Près des grands étangs bleus et dans les chemins creux
On ira tous les deux oublier ce rêve facile. » ♪

C’est ça qui est merveilleux avec la nature et les émerveillements qu’elle nous procure : on ne s’y habitue jamais : tous les ans, l’arrivée d’un nouveau printemps nous met en joie. En psychologie du bonheur, il existe un phénomène appelé « habituation hédonique » : c’est le fait de s’habituer aux bonnes choses, et de s’apercevoir qu’au bout d’un moment, elles ne nous rendent plus aussi heureux. L’habituation hédonique, c’est une sorte d’usure du bonheur. Stendhal écrivait à ce propos : « L'âme se rassasie de tout, même du bonheur ».

C’est très net pour les sources de bonheur qui viennent d’achats ou de possessions matérielles, d’objets : au début, un nouveau logement ou un nouveau boulot, de nouvelles chaussures ou une nouvelle voiture, peuvent nous rendre heureux. Puis peu à peu ce bonheur s’émousse : mettre tous les jours ses pieds dans les mêmes chaussures ou ses fesses dans la même voiture, ça ne nous procure plus de bonheur.

L’habituation hédonique est déjà moins importante sur des activités que nous aimons, ou sur des relations avec des personnes que nous apprécions.

Et puis, il y a des domaines dans lesquels l’habituation hédonique ne se produit quasiment jamais. Avec la nature, par exemple : sa contemplation, le retour de ses saisons, tout cela continuera de nous émerveiller et de nous bouleverser chaque année, jusqu’à notre mort…

Je vois à votre tête que vous êtes en train de vous demander quel est le rapport avec les hypersensibles ? Eh bien le voilà : chez les hypersensibles, les mécanismes d’habituation, habituation à l’agréable ou au désagréable, ne fonctionnent guère. C’est ennuyeux quand il faut s’habituer à des choses moches : la pollution, la violence, la laideur ; beaucoup d’humains finissent par s’y faire, mais pas les hypersensibles. Par contre, ils ne s’habituent pas non plus à ce qui est beau, bon, touchant. Ils restent bouleversables par chaque retour du printemps, même à toutes petites doses ; même des frémissements de printemps, même des printemps souffreteux, qui n’arrivent pas à s’affirmer, les touchent et le réjouissent ! Il faut bien qu’il y ait quelques avantages à l’hypersensibilité…

Et vous, Ali, vous êtes sensible au retour du printemps ?

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