Et vous, vous préférez être aimé ou admiré ? (vous n’avez pas le droit de me répondre « les deux » !)

Affiches électorales
Affiches électorales © AFP / Denis Meyer / Hans Lucas

« Christophe, que vous inspire le sujet de ce mardi ? »

Notre sujet me fait penser aux candidats à zéro voix.

Comme cela n’a sans doute échappé à personne, nous venons de sortir d’une grande période d’élections.

Je passais, la semaine dernière, devant l’école qui nous sert de bureau de vote, dans ma petite commune. Comme je vois que le résultat des élections du premier tour des législatives y est affiché, je m’arrête pour me faire une idée. Dans ce bureau de vote, je vois que nous étions 813 électeurs inscrits, pour 15 candidats.

Bon, je vois que 2 gros candidats sont arrivés en tête, avec à eux deux les ¾ des votes. Mais leur sort ne m’intéresse pas tellement, ils s’en sont sortis correctement, grand bien leur fasse ! (hi hi hi… depuis le temps que j’attendais de la placer dans une de mes chroniques, celle-là…). Non, ce qui m’intéresse, ce sont celles et ceux, il y en a 9, quiont très peu de voix, moins de 10 voix. Un des habitants du quartier, qui se présentait, n’en a eu que 5 : peut-être la sienne et celle de son épouse, celle d’une de mes filles, qui a été la baby-sitter de ses enfants et qui l’aime bien et a donc voté pour lui, plus les voix de deux de ses voisins. Il y a même 2 candidats qui n’ont eu aucune voix, zéro : personne n’a daigné voter pour eux…

Ouille ! Je me dis que, tout de même, ça doit être douloureux de lire de tels résultats. Douloureux pour l’estime de soi de prendre une raclée pareille quand on s’est présenté…

Daniel Balavoine chante "Le Chanteur"

♫ ♪ « Je m'présente, je m'appelle Henri
J'voudrais bien réussir ma vie, être aimé,
Etre beau, gagner de l'argent,
Puis surtout être intelligent,
Mais pour tout ça, il faudrait que j'bosse à plein temps… » ♪ ♫

Les hommes politiques et l'estime de soi

Les politiques, on les critique, on les critique, mais tout de même, ils prennent un risque majeur : le risque du désamour, et du rejet des électeurs, balancé en pleine poire, devant tout le monde ! Très douloureux pour l’estime de soi, tout ça ! Je me souviens d’avoir un jour rencontré une dame, élue locale, qui m’avait raconté comment elle avait sombré dans la dépression après une grosse défaite électorale, et décidé alors d’abandonner la politique.

L’estime de soi se nourrit en apparence de nos succès, de nos réussites, de notre statut. C’est la vitrine. Mais en arrière-fond, ce que la plupart d’entre nous cherchons, c’est la reconnaissance et l’amour. Nous avons raison, d’ailleurs, car tous les travaux montrent que les compétitions sociales et la poursuite obsédante du succès et de la victoire fragilisent l’estime de soi. Même chez les narcissiques, fréquents dans le monde politique : eux qui préfèrent être admirés qu’être aimés, ne vont pas si bien que ça : ils sont toujours tendus, inquiets, toujours en train de surveiller leurs éventuels concurrents pour pouvoir les repousser ou les agresser, toujours en train de s’attendre à ce qu’on les trahisse ou qu’on leur pique la place. Épuisant…

Si ce qu’on recherche c’est une estime de soi stable, épanouie et non inquiète, alors mieux vaut se tourner du côté de la fraternisation et de la coopération, plutôt que de celui de la domination et de la compétition. C’est-à-dire, mieux vaut renoncer à la politique telle qu’elle existe aujourd’hui. Ou alors s’engager pour en changer totalement les règles.

Et vous, Ali, vous préférez être aimé ou admiré ? (vous n’avez pas le droit de me répondre « les deux » !)

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