Le monde de la croisière ne se limite pas à des paquebots toujours plus gros. La compagnie française du Ponant joue la carte des petits navires, des destinations d'exception, de l'ecologie et tout cela avec une point de luxe. De quoi vous redonner l'envie de faire une croisière même en cassant sa tirelire

Le Champlain à quai à Olden dans les fjords norvegiens
Le Champlain à quai à Olden dans les fjords norvegiens © Radio France / Philippe Lefebvre

Lorsque l’on évoque les croisières, impossible d’échapper à l’image d’Epinal de « la croisière s’amuse » la cultissime série américaine des années 70 qui a occupé pendant dix ans une place de choix sur nos écrans.

Toutefois aujourd’hui sur les paquebots de croisière on est loin, très loin même, de l’image sympathique et souriante proposée par l’équipage du commandant Stubing.  

La majorité des navires sont plutôt des immeubles flottant avec souvent plus de 2000 cabines par bateau et 4000 passagers. Et en matière d’équipements c’est la course au gigantisme pour transformer les navires en véritables parcs d’attractions ou centres commerciaux.

Pourtant dans le monde des croisières toutes les compagnies ne participent pas à cette course à l’armement et à cette logique du « toujours plus grand ». 

C’est le cas de la Compagnie du Ponant. Pour cette entreprise française basée à Marseille et qui  fête cette année ses trente ans, pas de course à l’armement. Les navires sont à taille humaine avec moins d’une centaine de cabines et 180 passagers au maximum.  Ici pas non plus de toboggans géants ou de galeries marchandes. Au Ponant, on ne parle pas de croisières mais plutôt de voyages voire d’expéditions en cultivant de surcroît une certaine idée du luxe à la française à l’image du "Champlain", le tout dernier navire de la compagnie qui, chose rare dans le monde de la croisière, navigue sous pavillon Français et non pas sous pavillon de complaisance. 

À bord de ce que la compagnie présente comme un yacht et pas comme un paquebot, tout n’est que luxe, calme et volupté. La décoration est signée Jean Philippe Nuel à qui l’on doit notamment le renouveau de la piscine Molitor à Paris, et c’est le chef multi-étoilé Alain Ducasse qui a conçu les menus. Mais la découverte la plus étonnante nous oblige à pénétrer dans les entrailles du navire à trois mètres sous le niveau de la mer, les anciens marins diraient à fond de cale, pour découvrir Blue Eye. A première vue c’est un bar avec un éclairage tamisé. Mais à première vue seulement, car ce qui attire le regard ce sont deux immenses baies vitrées de plus de trois mètre de long qui permettent lors de la navigation de voir ce qui se passe sous l’eau.

Le Blue Eye, pour découvrir la vie des océans dans quitter le navire
Le Blue Eye, pour découvrir la vie des océans dans quitter le navire © Radio France / Philippe Lefebvre

C’est une première mondiale ! Jamais aucun navire de croisière n’avait été équipé d’un tel dispositif conçu par l’architecte et océanographe Jacques Rougerie, ancien compagnon de route du commandant Cousteau. Et si Blue Eye permet d’observer les poissons et toute la vie sous-marine il permet aussi de l’entendre via des hydrophones placés sur la coque du bateau. 

En résumé tel un magicien des océans Jacques Rougerie a rendu possible et réel le rêve  de Jules Verne dans 20 000 lieues sous les mers et prouvé que contrairement à ce qu’affirmait le Cdt Cousteau la mer n’est pas « le monde du silence ».

Et à navire exceptionnel, destinations exceptionnelles. Ainsi le Champlain et René Paul Boucher son commandant, après s’être rodé dans les fjords Norvégiens,  devrait très vite mettre cap au sud en direction de Madère et des Canaries puis cap à l’ouest en direction des Caraïbes et de l’Amazonie sa taille lui permettant d’aller là où aucun autre navire de croisière ne peut aller.

Mais pour Le Ponant pas question de se limiter à faire débarquer des touristes dans des endroits exceptionnels. A chaque escale les passagers sont accompagnés d’explorateurs, de scientifiques, d’ethnologues tous passionnés et spécialistes des  destinations. Avec eu on visite mais surtout on découvre tel des explorateurs les plus beaux endroits du monde, comme les fjords,  loin du tourisme de masse en prenant au passage de belles leçon d’écologie.

Reste que ces croisières demeurent des produits d’exception dans le monde du tourisme. 

Les navires de la compagnie ont embarqué 30 000 passagers, confirme Hervé Ballaiche directeur général adjoint de l’entreprise mais l’objectif est de doubler ce chiffre d’ici trois ans grâce à l’arrivée de nouveaux navires de même taille qui permettront à de nouveaux explorateurs-voyageurs de découvrir les deux destinations phare du Ponant à savoir le pôle nord et le pôle sud. 

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