Comment relancer la conquête spatiale après les missions lunaires Apollo ? La NASA avait tout misé sur un projet de navette réutilisable qui permettrait d'abaisser les coûts de l'exploration spatiale. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu.

14 avril 1981, c'est une première : la navette Columbia, commandée par John Young, atterrit tel un avion de ligne sur la base d'Edwards en Californie.
14 avril 1981, c'est une première : la navette Columbia, commandée par John Young, atterrit tel un avion de ligne sur la base d'Edwards en Californie. © AFP / NASA

Pour les Américains, les missions Apollo furent un succès et ont répondu à l'objectif donné à la NASA par feu John Fitzgerald Kennedy : aller sur la Lune. Mais pour la suite, il fallait innover et convaincre le Congrès de débloquer des budgets. 

C'était dans ce contexte qu'allait naître le projet de la navette Columbia, qui décolla en avril 1981. 

Ses objectifs : décoller, atterrir comme un avion de ligne, faire baisser les coûts de fabrication et d'utilisation, lancer des satellites commerciaux et militaires, des télescopes comme Hubble. 

À partir des années 1990, la navette spatiale commença la desserte de MIR, puis ISS. Cinq modèles se sont succédés : Columbia, Discovery, Challenger, Atlantis et Endeavour.

Le 28 janvier 1986, la navette Challenger explosa au décollage avec sept astronautes à son bord, ce qui provoqua le retrait de l'armée du programme et l'arrêt des vols pendant deux ans et demi. La séquence avait lieu en direct à la télévision et laissa un pays sous le choc. Le Président d'alors s'adressa à la nation, par la télévision également.

Ronald Reagan, président des États-Unis - 28 janvier 1986

Je veux dire quelque chose aux écoliers américains qui ont regardé en direct le décollage de la navette. Je sais que c'est difficile à comprendre, mais des choses douloureuses comme celle-ci se produisent parfois. Cela fait partie de l'exploration et de la découverte. Cela fait partie des risques quand l'Homme cherche à explorer de nouveaux horizons. L'avenir n'appartient pas à ceux qui sont pressés ; il appartient aux courageux. L'équipage de Challenger nous entraînait dans l'avenir et nous continuerons à les suivre.

Le drame se reproduisit en 2003 avec la navette Columbia. Le coût d'utilisation qui aurait dû être abaissé s'est envolé, en comparaison avec les fusées classiques. Aucun autre pays ne lança de navette même si des projets furent étudiés (Hermès pour l'Europe, Bourane pour l'URSS). Le projet américain prend fin en 2011 après 135 vols. 

En 2004, Spaceship One fut financé en grande partie par le cofondateur de Microsoft Paul Allen, et fut la première navette privée à réaliser un vol suborbital.

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