Pourquoi les baleines à bosse et les tortues marines fréquentent-elles à nouveau les eaux réunionnaises qu’elles avaient désertées ? C'est en tous les cas un formidable espoir pour la biodiversité et un bel exemple pour la planète que nous raconte le film tourné à La Reunion par Rémy Teizier.

Baleine à bosse
Baleine à bosse © Getty / Mike Korostelev

Pour comprendre le phénomène, le documentaire de Rémy Teizier suit le quotidien d’un jeune baleineau, de sa naissance à La Réunion à son départ pour l’Antarctique, et d’une tortue verte qui a  grandi sur le récif corallien et qui s’apprête à repartir vers son île natale pour se reproduire.

Rémy Teizier : "Je cherchais à faire un documentaire positif sur l'environnement et je ne trouvais pas, mais en fait, je l'avais sous mes yeux. Je suis arrivé à la Réunion en 1990, et à l’époque, il n'y avait pas de baleine et très peu de tortues. Trente ans après, elles sont là et c'est extraordinaire !

Puis, je me suis demandé pourquoi elles étaient là ? C'est le résultat d'un travail local avec mise en place d'une réserve, l'interdiction du braconnage sur les tortues marines depuis 1983... Mais cela fait suite aussi à une décision internationale : le moratoire sur les baleines des années 1980 qui interdit la chasse aux baleines. Elles ont pu reconstituer leur cheptel et 30 ans après, elles sont là. 

Les baleines vont en Antarctique pour trouver du krill dont elles se nourrissent. Mais elles viennent aussi se reproduire dans les eaux chaudes de La Réunion qui accueillent moins de prédateurs, et qui sont donc plus faciles à vivre pour leurs baleineaux. Elles y séjournent de juin à octobre. 

Pour les tortues, c'est différent : elles vont se reproduire dans des zones différentes de là où elles vont grandir. Dans le film, on en voit une qui vit à La Réunion, mais va repartir sur son île pour se reproduire. Une île qu'elle n'a pas vue depuis vingt ans."

Dans leur sillage, il donne la parole à des  photographes, naturalistes et scientifiques qui œuvrent à leur protection

Rémy Teizier : "Pour filmer ces animaux, il ne faut pas faire de bruit, ni de bulles. Si vous plongez avec des bouteilles normales, vous allez lâcher des bulles, synonymes d'agression pour les baleines. Vous ne pourrez pas les approcher. Cela passe par un outil, le recycleur, qui empêche les bulles et par la passion que vous allez mettre dans votre film.

Pour les tortues, assister à la ponte des œufs est magique et nous relie à l’éternité. Et sous l'eau, elles peuvent tenir en apnée plusieurs heures avec une vitesse de déplacement incroyable. Essayez de la suivre, vous n'y arriverez pas !"

De ses tournages, Remy Teizier retient : 

Il faut se relier à la nature, et la baleine est un moyen extraordinaire. Le jour où vous voyez l’œil de la baleine, vous devenez le premier des convaincus de la nécessité de la protection des océans. 

Ce documentaire "Quand baleines et tortues nous montrent le chemin" sera diffusé vendredi 08 mai à 18h55 sur Arte.

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