Jean-Louis Maurette, un plongeur qui, avec d’autres plongeurs, ont commis un bel ouvrage concernant 113 sites sur les côtes de France où se trouvent des épaves, bateaux, avions, sous-marins, une sorte de guide de plongée vers des sanctuaires historiques.

L'épave du sous-marin allemand U171 coulé au large de Lorient lors de la Seconde guerre mondiale (vue de côté)
L'épave du sous-marin allemand U171 coulé au large de Lorient lors de la Seconde guerre mondiale (vue de côté) © Maxppp / BELPRESS

Jean-Louis Maurette : "On parle souvent d'épaves. _C'est plutôt le côté archéologique qui ressort, ce sont des vieux galions, des choses comme ça ou en fin de compte, c'est une affaire d'archéologues spécialisés_. On remonte à peu près à 1870, avec les bâtiments métalliques". 

113 sites illustrés à travers le monde

"Le lac Léman, c'est là où se trouve l'épave de L'Hirondelle, c'est exceptionnel. C'est un vapeur à roue à aubes. Il est dans une position assez curieuse. Les plongeurs locaux qui vont là-bas ont la chance de pouvoir aller sur cette épave qui est quand même assez dangereuse. Il faut faire attention : c'est dans un lac où il fait froid, sombre, il y a du courant, c'est aussi dangereux qu'en mer sinon plus".

Pour chaque épave, la latitude, la longitude, la profondeur sont précisées, car sans être un guide de plongée, l'ouvrage s'adresse aussi bien à des passionnés d'histoire maritime qu'aux curieux : "On a mis des épaves qui sont accessibles à la plongée. Il y en a pour tous les niveaux". Les plongées vont de 6 à 90 mètres de profondeur. 

Par exemple, Jean-Louis Maurette raconte sa découverte de l'épave du U171, sous-marin allemand, qui a percuté une mine près des côtes françaises en octobre 1942 : "C'est un petit peu mon d'épave fétiche. Quand j'ai découvert cette épave en tant que plongeur, pour la première fois, j'étais subjugué un petit peu par ce côté historique, ce côté visuel aussi, parce qu'une épave de sous-marin, c'est quelque chose d'impressionnant et ça a été le déclencheur le détonateur de ma passion pour l'histoire maritime". 

Quelles impressions a-t-on lorsqu'on découvre cette épave ?

"J'étais vraiment surpris. Je m'attendais à trouver un sous-marin entier. Je ne pensais pas que ça pouvait être aussi altéré : toute la partie avant a explosé, on ne sait pas pourquoi, alors qu'il a coulé en entier. C'était quand même très impressionnant. Puis j'ai failli rester coincé deux fois, c'est doublement impressionnant. Je me suis fait peur". 

L'épave du rubis (sous-marin) en Méditerranée

Historiquement, c'est le bateau le plus décoré des Forces navales françaises libres. Ce sous-marin a fait toute la guerre avec le général de Gaulle : il a dû couler 25 ou 26 bateaux allemands. "C'était un mouilleur de mines, donc il en a torpillé ! Il a un palmarès impressionnant et mérite d'être connu". 

Visuellement, il est très, très beau, c'est magnifique.

"Ce n'est pas une sépulture, il a été coulé par la Marine nationale, parce qu'après la guerre, il a été déclassé : il est resté comme ça sur un ponton en attente de ferraillage et un amiral n'a pas voulu le laisser comme cela parce que Le Rubis, c'était quand même un symbole incroyable.

Dans l'idéal, il aurait fallu à l'époque en faire un musée que tout le monde aurait pu visiter mais en France, on ne garde pas trop toutes ces choses-là. On n'est pas comme les Anglo-saxons, au niveau du devoir de mémoire donc on l'a coulé. Il se trouve à 41 mètres de profondeur aujourd'hui". 

Maintenant, c'est devenu un des hauts lieux de la plongée sous-marine en Europe.

"C'est un sous-marin qui a été mis en chantier à l'arsenal de Toulon en 1928 et lancé en 1930. Pendant la guerre, il a fait vraiment du bon travail. Les Anglais, avec la Royal Navy, comptaient beaucoup sur lui. Il serait même plus connu en Angleterre qu'en France".

Souvent, une épave c'est un sanctuaire, il y a souvent, des hommes à l'intérieur, donc il faut les approcher avec tout le respect qui est dû à une sépulture.

Lire

📖 - Plongée sur les épaves de France. Jean-Louis Maurette, Thierry Trottin, Christophe Moriceau et l'illustrateur Olivier Brichet (Éditions Gléna)

Programmation musicale
Les références
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.