111 catégories d'algues, 70 000 espèces d'algues, pour l'instant... De la microscopique à la macroscopique, le monde des algues est toujours à découvrir. Marines ou terrestres, elles sont un des éléments essentiels de la vie, et pour certaines, notre futur alimentaire.

Va-t-on bientôt retrouver des algues dans nos assiettes ? Et finalement, qu'est-ce qu'une algue ?
Va-t-on bientôt retrouver des algues dans nos assiettes ? Et finalement, qu'est-ce qu'une algue ? © Getty / Georgette Douwma

C'est tout un monde dans lequel nous allons nous plonger avec Philippe Potin, il est docteur en biologie marine de l’Université de Brest, directeur de recherche CNRS à la Station Biologique de Roscoff depuis 2006 et expert pour le Pôle Mer Bretagne Atlantique sur les ressources biologiques  marines.

Mais qu'est-ce qu'une algue ? "C'est une facilité de langage qui désigne un grand nombre d'organismes très différents. Les scientifiques définissant 11 catégories d'algues, dont une est en fait une bactérie bleue qu'on appelle aussi les "cyanobactéries". Très tôt, on a appelé ces bactéries des algues bleues. Celles-ci ne sont pas étrangères à la diversification de toutes les algues sur Terre, puisqu'elles sont à l'origine de la photosynthèse" [capacité de pouvoir capter le carbone et élaborer toute la matière qui constitue le vivant, à partir de la lumière et des éléments minéraux qui sont contenus dans l'eau].

Est-ce que ce sont des plantes ? "A proprement dit, les algues ne sont pas des plantes. Mais elles font partie de l'histoire de l'apparition des plantes sur Terre, puisque les ancêtres de toutes les plantes vertes que l'on trouve sur Terre sont des algues vertes qui y vivaient il y a plus de 500 millions d'années dans le milieu aquatique. Elles ont peut être conquis d'abord des milieux d'eau douce avant de conquérir la Terre". 

A quoi sert une algue ? "Ce sont ce qu'on appelle des producteurs primaires. Ceux qui vont être à la base de toutes les chaînes alimentaires dans les systèmes aquatiques, comme les plantes sont à la base de beaucoup de chaînes alimentaires au niveau terrestre. Au milieu de l'océan, ce sont les algues microscopiques qui sont dans le plancton qui vont jouer son rôle de production de matière carbonée, de matière organique et également donc un rôle de fourniture d'oxygène puisque à travers leur capacité de synthèse à partir de réactions chimiques, elles vont libérer de l'oxygène en présence de lumière". 

Les recherches de Philippe Potin et son équipe portent sur les mécanismes biochimiques de la mise en place des défenses immunitaires chez les grandes algues marines. En particulier, son équipe de recherche a apporté des résultats originaux dans le domaine du métabolisme des halogènes chez les algues brunes et l’accumulation exceptionnelle d’iode chez ces organismes. Ils ont été aussi les premiers à décrypter les  bases cellulaires de la transduction du signal perçu dans une  interaction algue-pathogène. Ces études se poursuivent par la  caractérisation de la communication intra- et inter-plante des réponses défensives, les interactions des algues avec leur microbiome et  complémentent des résultats sur le rôle des oxylipines dans la défense  chez les algues et la biosynthèse des phlorotannins des algues brunes.

Philippe Potin est le coordinateur scientifique du projet d’Investissements d’Avenir IDEALG depuis septembre 2011. Ce projet vise à démontrer la faisabilité d'exploiter la recherche en génomique et post-génomique dans les biotechnologies, l’exploitation durable et la mariculture des macro-algues à l’horizon 2020. Depuis janvier 2017, il pilote aussi le  projet collaboratif européen pour la  Croissance Bleue : GENIALG qui vise à développer des démonstrateurs à grande échelle du concept de bio-raffinerie des cultures de macro-algues  brunes et vertes en Europe. Il est auteur ou co-auteur de plus 95 publications dans des revues internationales à comité de lecture, 7 chapitres d’ouvrages et 13 articles dans des compte-rendus de congrès ou des articles de synthèse et co-inventeur dans 9 brevets.
 

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  • Philippe PotinPhilippe Potin, docteur en biologie marine, directeur de Recherche au CNRS à la Station Biologique de Roscoff et expert pour le Pôle Mer Bretagne Atlantique sur les ressources biologiques marines
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