Le trésor du capitaine Kidd, les tableaux perdus de la Grande Catherine, la catastrophe de La Belle… Autant d'histoires de navires et de marins qui enchantent notre patrimoine maritime et nos rêves. Cyril Hofstein, historien, a écrit 31 histoires maritimes dans "Atlas des fortunes de mer" aux éditions Arthaud.

Exposition au Musée Vasa, en Suède
Exposition au Musée Vasa, en Suède © Getty / ullstein bild

Il nous offre en effet un voyage dans le temps avec ce livre. L'île de la Tortue, le trésor des pirates... mais en fait cela n'a rien à voir avec les trésors. Les fortunes de mer présentées dans cet Atlas nous emportent vers des horizons où le moindre coup de vent peut se changer en tempête et emporter par le fond le plus fiable des bateaux.

Ça n'a rien à voir avec le trésor, je sais que ça peut faire rêver. 

"Mais en fait, la fortune de mer c'est tout ce qui arrive de bien ou de mauvais quand on est sur les flots.

Des côtes du Ponant à l’océan Indien, naufrages, grandes découvertes, disparitions ou sauvetages miraculeux dessinent dans cet ouvrage une vaste et fascinante carte des océans, où tout peut arriver.

La Belle, une catastrophe

Du côté du Ponant, il y a le naufrage de la Belle qui nous est conté par Cyril Hofstein : "La Belle c'est une belle histoire, si je suis dire, mais en même temps, c'est tragique. C'est le dernier navire de René-Robert Cavelier de La Salle qui était un explorateur français qui a été envoyé par Louis XIV pour aller conquérir le reste de la Louisiane, dont il avait déjà pris possession quelques années avant. Et en fait, la Belle est une catastrophe, une aventure qui se finit mal mais qui finit bien aussi. Parce qu'une barque longue a été retrouvé dans la baie du Mississippi au Texas. _C'est l'une des plus vieilles épaves du Nouveau Monde_."

Sur chaque carte, on peut retrouver la position exacte des épaves : longitude, latitude de la Belle par exemple. 

Ce sont 31 petites histoires qui sont racontées à la manière des contes et légendes. 

Le Vasa, "imprudence et négligence"

333 ans après le naufrage du Vasa, il est prêt à être restauré sur un dock spécialement prévu à cet effet
333 ans après le naufrage du Vasa, il est prêt à être restauré sur un dock spécialement prévu à cet effet © Getty / Bettmann

A Stockholm, on peut voir le Vasa, un navire de guerre construit pour le roi Gustave II Adolphe de Suède. Il est l'un des bateaux les plus célèbres du monde. Il a coulé dans le port de Stockholm, en 1628, après avoir parcouru quelques centaines de mètres. C'est le plus bel échec du roi de Suède, mais aussi la plus belle réussite du pays. Il était trop haut, trop lourd et pas assez lesté. On avait laissé ouvert les sabords, les ouvertures qui permettent, en temps de guerre, de faire passer les canons. Ce n'est qu'une fois que le bateau eut quitté la partie protégée du port, qu'il a été en proie aux rafales de vent, qui ont eut raison de lui. Il est aujourd'hui l'une des épaves les mieux conservées du XVIIème siècle. 

Les tableaux perdus de la Grande Catherine

En Baltique et dans le grand Nord, on découvre le mystère des tableaux perdus de la Grande Catherine. "C'est une épave très étrange, qui a été découverte il y a une quinzaine d'années, explique Cyril Hofstein, dans les eaux de la Baltique, au large de la Finlande". Elle contiendrait des chefs d'oeuvre de l'art hollandais. Les eaux de la Baltique étant peu salines, on peut espérer voir un jour cette épave et peut-être même découvrir les tableaux. Mais la question est : à qui appartient l'épave ? La Russie, la Finlande ou l'armateur ?

Le trésor du Capitaine Kidd

Dans l'océan Pacifique et l'océan Indien, on peut découvrir l'histoire du trésor du Capitaine Kidd. Celui-ci a fini couvert de goudron et pendu au dessus de la Tamise, mais ce que l'on retient de son histoire et de sa fabuleuse traversée des mers, c'est la découverte d'un trésor qui reste dans la légende et que l'on cherche encore à trouver aujourd'hui. 

Représentation du corsaire William Kidd réalisée par Howard Pyle, parue dans le ‘Harper's Magazine’
Représentation du corsaire William Kidd réalisée par Howard Pyle, parue dans le ‘Harper's Magazine’ © Getty / API/Gamma-Rapho

Il s'agissait d'un pirate anglais, qui s'attaquait à des navires anglais, ce qui était, à l'époque, peu apprécié du gouvernement anglais. Le trésor est encore cherché aujourd'hui et une récente anecdote prouve la précipitation de certains explorateurs : "on nous avait annoncé en grande pompe, la découverte d'un immense lingot de plusieurs kilos trouvé à Madagascar et attribué au fameux pirate. Il s'est avéré qu'il s'agissait... d'une barre de plomb."

► Historien de formation, passionné par le monde maritime, les récits de marins et l'univers des "gens de mer", Cyril Hofstein a fait ses premières armes au Chasse-Marée, avant de rejoindre Le Figaro puis Le Figaro Magazine où il est grand reporter. Il a reçu le prix Marine Bravo Zulu 2018 pour A bord du Charles de Gaulle (Editions E/P/A, 2017).

Atlas des fortunes de mer de Cyril Hofstein aux éditions Arthaud

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